
Jean-Marc Yacé secoue le PDCI-RDA : « L’unité ne se décrète pas par l’intimidation ou l’alerte permanente… »
Lemandatexpress – Dans un parti rythmé par des tensions internes récurrentes, Jean-Marc Yacé, député-maire de Cocody, a livré une déclaration en forme d’interpellation collective. Le vice-président du PDCI-RDA appelle à un changement de paradigme dans la gouvernance du parti septuagénaire.
Le ton se veut à la fois conciliant et incisif. Se présentant comme soucieux du rayonnement du parti historique, l’élu rappelle que le PDCI-RDA n’est la propriété d’aucun individu. « Le PDCI-RDA n’appartient à personne en particulier, mais il exige de tous un devoir de lucidité. L’unité ne se décrète pas par l’intimidation ou l’alerte permanente ; elle se construit par l’écoute, la présence et la capacité à ajuster le mode de gouvernance aux réalités du moment », a-t-il déclaré, exhortant « tous à s’y inscrire pour la vivacité de notre parti ».
Insistant sur la place centrale du PDCI-RDA dans l’écosystème politique national, le député-maire de Cocody plaide pour le retour à une culture de discipline et d’intelligence collective.
« Le PDCI-RDA est un grand parti, une institution historique, forgée par des décennies de luttes, de sacrifices et de présence continue sur le terrain national. Sa force n’a jamais reposé sur la peur, l’alerte permanente ou la suspicion générale, mais sur la discipline, l’intelligence collective et la capacité d’adaptation aux réalités du pays », souligne-t-il.
Jean-Marc Yacé appelle ainsi au rassemblement de toutes les forces vives du parti, dans un contexte de recomposition du marigot politique, marqué par l’effritement d’anciennes alliances. Pour lui, le PDCI-RDA doit d’abord compter sur ses propres ressources.
« Le parti a plus que jamais besoin de son unité, d’une synergie d’intelligences et d’actions concrètes. Cela appelle à la mesure dans ce que nous disons les uns sur les autres et dans ce que nous faisons les uns contre les autres. Ce constat n’est ni une attaque ni une remise en cause personnelle ; c’est une réalité politique universelle. »
Sur les enjeux démocratiques, l’élu est formel: « Un parti d’opposition ne peut être performant que s’il rassemble toutes ses forces et respire au rythme du pays qu’il ambitionne de diriger. »
Il conclut par une orientation destinée à assainir certaines pratiques qu’il juge contraires à l’idéal d’une formation politique solide et crédible.
« Aimer le parti, c’est aussi alerter avec responsabilité, proposer des ajustements, appeler à une organisation plus proche du terrain, plus conquérante et plus structurée. Le parti a donc bien fait de lancer une consultation permettant aux militants, à tous les niveaux et de tous les grades, de faire des propositions constructives, sans faux-fuyants. Cela doit être compris comme une exigence de clarification stratégique, dans un contexte national tendu où l’opposition doit être crédible, audible et solidement enracinée. »
Cette sortie de Jean-Marc Yacé, mêlant interpellation et orientations, met en lumière les convulsions internes que traverse actuellement le PDCI-RDA dirigé par Tidjane Thiam. De fait, à l’hémicycle, la formation de son groupe parlementaire se heurte à une vive dissidence.
Martial Galé







