
Focus’ portrait : N’Guessan Koffi, la science au service de l’école ivoirienne
Lemandatexpress – Dans une Côte d’Ivoire engagée depuis plusieurs années dans une profonde transformation de son système éducatif et productif, certaines figures avancent loin des projecteurs politiques, portées par l’expertise. N’Guessan Koffi est de celles-là.
Natif de Niablé (région de l’Indénié-Djuablin), cet universitaire chevronné incarne un profil rare dans la sphère gouvernementale. C’est un homme de science devenu homme d’État par la force de la compétence. À 71 ans, il vient d’être porté à la tête du super ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, un portefeuille stratégique au cœur de l’avenir ivoirien.
Son entrée au gouvernement en avril 2021 s’inscrit dans un contexte précis, celui d’un pays qui fait le pari de la formation, de la professionnalisation et de l’adéquation entre école et marché du travail. N’Guessan Koffi n’arrive pas en terrain inconnu. Toute sa vie professionnelle l’a préparé à ce rendez-vous.
Enseignant-chercheur dès 1982 à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée d’Abidjan (ENSEA), il gravit méthodiquement les échelons : directeur des études, puis directeur général de l’institution à partir de 1995, poste qu’il occupera pendant vingt ans. Une longévité exceptionnelle, révélatrice d’un leadership fondé sur la rigueur, la méthode et la vision à long terme.
Une méthode reste constante
Parallèlement, il est appelé à diriger l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro. Entre 2011 et 2015, il assume même la double responsabilité de directeur général de l’ENSEA et de l’INP-HB, avant de se consacrer pleinement à ce dernier jusqu’à son entrée au gouvernement. Peu d’hommes peuvent revendiquer une telle maîtrise de l’écosystème de la formation supérieure et technique en Côte d’Ivoire.
Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage de 2021 à 2026, N’Guessan Koffi imprime sa marque. Réhabilitation des centres de formation, relance des filières techniques, renforcement du lien formation-emploi, déploiement de l’École de la deuxième chance, budgets sectoriels ambitieux votés par le Parlement : le chantier est vaste, les résultats tangibles. Sa méthode reste constante : diagnostiquer, structurer, évaluer.
Réactions de joie et de félicitations
Le 23 janvier 2026, il est nommé dans le gouvernement Mambé II avec un périmètre ministériel élargi. Avec ce super ministère, N’Guessan Koffi se retrouve au centre d’un enjeu national majeur : bâtir un système éducatif inclusif, performant et connecté aux réalités économiques, de l’alphabétisation à l’enseignement technique.
Sur les réseaux, sa nomination suscite une avalanche de réactions de joie et de félicitations. « Merci au Président pour la nomination de ce “monstre” du travail dans le nouveau gouvernement! C’est incontestablement un Homme du sérail, très impliqué dans les réalités de l’Education Nationale en Côte d’Ivoire! », affirme un ancien cadre de banque à la retraite.
Serviteur discret de l’État
Sur le plan international, le parcours de N’guessan force le respect. Membre de plusieurs réseaux scientifiques de premier plan – de l’UIESP à l’INED de Paris, en passant par la Banque mondiale, la BAD ou l’AFD – il a également présidé des organisations majeures comme l’Union pour l’étude de la population africaine (UEPA) et le Réseau d’excellence de sciences de l’ingénieur de la Francophonie (RESCIF).
Chevalier des Palmes académiques françaises, Commandeur de l’Ordre de l’Éducation nationale, Officier de l’Ordre national de Côte d’Ivoire, N’Guessan Koffi demeure avant tout un serviteur discret de l’État, convaincu que l’éducation est la matrice du développement.
Plus qu’un ministre, il est aujourd’hui l’un des architectes silencieux de l’école ivoirienne de demain.
Martial Galé







