
Assemblée nationale: Yacé, Emmou et Éhouo tournent le dos au groupe parlementaire PDCI-RDA
Lemandatexpress – Le groupe parlementaire PDCI-RDA, au titre de la législature 2026-2030, est handicapé dès le départ. Les trois élus du district autonome d’Abidjan ne figurent pas dans ses rangs : Jean-Marc, Emmou Sylvestre et Jacques Éhouo.
Les responsables du PDCI-RDA ont beau minimiser les rumeurs de dissensions internes, les faits s’imposent désormais avec force. À l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire du parti septuagénaire est amputé des trois députés issus des communes d’Abidjan : Emmou Sylvestre (Port-Bouët), Jean-Marc Yacé (Cocody) Jacques Éhouo (Plateau). Initialement fort de 31 députés, le PDCI-RDA se retrouve ainsi avec 28 élus à l’hémicycle.
Un recul qui, selon certains cadres du parti, reste un « moindre mal » au regard des fortes tensions apparues lors de la désignation de Me Blessy Chrysostome à la tête du groupe parlementaire. À cette occasion, des députés mécontents avaient même envisagé la création d’un groupe parallèle, signe d’un malaise plus profond. En ce qui concerne les trois députés cités plus haut, les signaux avant-coureurs de la rupture étaient perceptibles depuis plusieurs semaines.
Dans une sortie remarquée, Jean-Marc Yacé avait donné le ton à travers une déclaration sans détour : « Le PDCI-RDA n’appartient à personne en particulier. L’unité ne se décrète pas par l’intimidation ou l’alerte permanente ; elle se construit par l’écoute, la présence et l’adaptation de la gouvernance aux réalités du moment », avait martelé le député-maire de Cocody. Quelques jours plus tard, le trio d’élus PDCI-RDA d’Abidjan se rendait au domicile de Mme Henriette Konan Bédié. Une visite présentée publiquement comme un acte de reconnaissance et d’hommage.
« Après les succès remarquables du PDCI-RDA à Cocody, au Plateau et à Port-Bouët, nous avons tenu à remettre officiellement ces victoires à Maman Henriette Konan Bédié, comme cela se faisait avec le regretté Président Henri Konan Bédié », avait écrit Dr Emmou Sylvestre sur sa page Facebook. Mais au-delà du symbole, cette démarche portait déjà les germes d’une recomposition interne. Ce qui ressemblait à un geste de fidélité s’est peu à peu révélé comme l’acte fondateur d’un courant désormais assumé, dont la non-adhésion au groupe parlementaire PDCI-RDA constitue la première traduction politique concrète.
Si le départ de ces trois députés n’affecte pas fondamentalement le poids législatif du parti dirigé par Tidjane Thiam, il met en pleine lumière un malaise interne persistant. Un malaise d’autant plus préoccupant qu’il s’inscrit dans un contexte de net recul électoral. À l’Assemblée nationale, le PDCI-RDA est passé de 66 députés en 2021 à 31 en 2025, soit près de 50 % de sièges perdus.
Deuxième force politique de la législature 2026-2030, le PDCI-RDA peine néanmoins à exister face au RHDP et ses 199 députés. Une réalité arithmétique qui accentue les tensions internes et pose, plus que jamais, la question de la cohésion, de la gouvernance et de l’avenir politique du vieux parti.
Martial Galé







