
Fausses plaques d’immatriculation:La Côte d’Ivoire passe à la tolérance zéro
La phase de répression contre les plaques d’immatriculation irrégulières est désormais effective. Annoncée il y a quelques jours par communiqué, l’opération a été lancée, lundi 26 février sous l’impulsion de Oumar Sacko, patron de la Direction générale des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC), avec un mot d’ordre clair : tolérance zéro. « On a assez sensibilisé. À un moment, il faut passer à la répression », a martelé le responsable, dénonçant la persistance des fausses plaques, des plaques illisibles ou volontairement masquées pour échapper aux systèmes de vidéosurveillance.
La presse a pu constater le déploiement du dispositif sur le terrain. Un premier point de contrôle est installé à l’Office national d’identification (ONI), au Plateau, sous la direction d’éléments de la Police nationale. Le second est tenu par le Groupement de sécurisation routière (GSR) de la Gendarmerie nationale, dirigé par le lieutenant-colonel Dodora Serge, sur le prolongement du boulevard de Gaulle, au niveau de l’ex-monument aux morts, à Adjamé.
Dès les premières heures, plusieurs véhicules ont été immobilisés. Huit véhicules administratifs – issus de divers ministères et institutions – seront transférés à la fourrière administrative. Environ une demi-douzaine de véhicules civils aux plaques irrégulières prendront la direction de la fourrière du ministère des Transports.
Leur remise en circulation sera conditionnée au paiement des amendes prévues. Au-delà de la sécurité routière, les autorités invoquent un enjeu de sécurité nationale. Des enquêtes récentes, notamment dans une affaire criminelle, ont été entravées par l’utilisation de plaques fantaisistes, compliquant l’identification des suspects.
À cela s’ajoute le manque à gagner pour l’État, chiffré à des dizaines de millions, voire des milliards de francs CFA, du fait des infractions non traçables. Une mesure d’accompagnement concerne toutefois certains agents des forces de défense et de sécurité (FDS) ayant acquis des véhicules avant l’entrée en vigueur du décret 792 interdisant l’importation de véhicules de plus de cinq ans. Ceux engagés dans le processus de régularisation, munis d’une plaque provisoire délivrée par la DGTTC, bénéficient d’une tolérance temporaire. Mais celle-ci prendra fin dès l’achèvement de la procédure d’immatriculation en ligne.
Les autorités annoncent déjà une montée en puissance. La loi n°527 de 1963 interdit l’usage de plaques irrégulières et prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et deux millions de francs CFA d’amende. Une conférence de presse conjointe du procureur de la République et du directeur général des Transports pourrait prochainement marquer une nouvelle étape dans ce durcissement. « On ne peut pas être en circulation et cacher son identité », insiste Oumar Sacko.
Mathias Kouamé







