
PDCI-RDA : Le “tacle” subtil de Jacques Ehouo à Tidjane Thiam ?
Au lendemain des législatives partielles du 21 février 2026, les félicitations du député-maire du Plateau, Jacques Ehouo, à l’endroit de l’Honorable Hervé Alliali, font couler beaucoup d’encre.
Derrière l’hommage au vainqueur, de nombreux observateurs y voient une critique acerbe de la stratégie de présence — ou plutôt d’absence — du président du parti, Tidjane Thiam.
« Le terrain n’est pas une option »
Le message de Jacques Ehouo est d’une clarté chirurgicale. En célébrant la victoire d’Hervé Alliali, le maire du Plateau a martelé des principes qui sonnent comme un rappel à l’ordre interne : « Une bataille ne se gagne que sur le terrain », « l’écoute », la « proximité » et l’ « action quotidienne ».
Pour les analystes de la scène politique ivoirienne, l’insistance sur le mot “terrain”, qualifié de « clé » de la victoire, ne relève pas du hasard. C’est une pique à peine voilée adressée à la haute direction du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, et plus précisément à son président.
L’ombre d’un président absent
Depuis le début de l’année 2025, Tidjane Thiam brille par son absence physique sur le sol ivoirien. Bien que réélu à la tête du PDCI-RDA, l’ancien banquier international a choisi de mener le combat politique hors des frontières nationales. Une stratégie de “télétravail politique” qui passe de moins en moins auprès de la base et de certains cadres locaux.
Alors que le parti a dû mener des combats cruciaux ces derniers mois, notamment sur le découpage électoral et l’inscription sur les listes, le président Thiam est resté éloigné des réalités poussiéreuses du terrain.
« C’est un PDCI-RDA uni et rassemblé dans la discipline et la solidarité que nous avons vu », écrit Jacques Ehouo.
Cette phrase souligne, en creux, que la victoire de février 2026 s’est construite grâce aux forces locales présentes, et non par une impulsion venue de l’extérieur.
Une fracture stratégique avant la présidentielle ?
Cette sortie médiatique révèle une fracture potentielle au sein du “Vieux Parti”. D’un côté, les “hommes du terrain” comme Ehouo, confrontés quotidiennement aux réalités des électeurs, et de l’autre, une présidence internationale qui mise sur le lobbying et l’image hors-sol.
En affirmant que c’est ainsi que le PDCI-RDA « continuera d’avancer et de gagner », Jacques Ehouo pose un diagnostic : sans un chef présent au pays, au contact des populations, les ambitions du parti pour les échéances futures pourraient se heurter à la dure réalité des urnes.
Le message est envoyé. Reste à savoir si, depuis sa résidence à l’étranger, Tidjane Thiam entendra cet appel du pied, ou ce coup de semonce , venu du cœur d’Abidjan.
Hilaire GUEBY







