
Côte d’Ivoire : 17 espèces de palmiers recensées, mais seulement 2 réellement cultivées
Du 27 au 29 mars, Abidjan accueille la toute première édition de la Foire des palmiers, une initiative originale portée par le Jardin de Zoey. Cet événement inédit met à l’honneur une plante emblématique des régions tropicales : le palmier, à la fois ressource économique, patrimoine culturel et pilier écologique.
Pour Mme Essan Bombo Suzanne, Sous-directrice à la Direction de la protection de la nature au ministère de l’environnement, ce type d’évènement constitue un cadre privilégié de sensibilisation du public à la protection de la nature et à la valorisation de la biodiversité végétale.
Selon la présentation du Dr N’Guessan Yao Joachim, chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire compte 17 espèces de palmiers, dont seulement 2 sont véritablement cultivées. Il s’agit du palmier à huile et du cocotier. Les autres espèces, pourtant essentielles à la vie des communautés rurales, sont exploitées directement dans leur milieu naturel.
Les palmiers, appartenant à la famille des Arecaceae, se distinguent par leur diversité et leur capacité d’adaptation à différents environnements à savoir, en forêt, savane, zones humides ou encore milieux semi-arides. Leur présence est souvent un indicateur écologique important, notamment de la disponibilité en eau.
Comme l’a souligné le Dr N’Guessan, les palmiers constituent une ressource précieuse aux usages variés. Au niveau alimentaire avec l’huile de palme, la noix de coco, le vin de palme.
Au niveau artisanal, on a la fabrication de paniers, nattes, toitures, meubles Au plan Industriel, il y a les fibres, la biomasse, le cosmétique. Au plan médical, on énumérera les traitements traditionnels à base de racines, résines ou fleurs. Pour finir, on mentionnera l’aspect économique, à travers des sources de revenus pour de nombreuses populations rurales. Au-delà de leur utilité matérielle, les palmiers occupent également une place importante dans les traditions culturelles ivoiriennes, notamment lors de cérémonies ou rites sociaux.
L’intervention d’autres experts dont, les Dr Muriel Koffi (Université Félix Houphouët-Boigny) ; Gnoumou Kablan (INPHB), le Pr Megnanou Rose (Université Félix Houphouët-Boigny)) a essentiel porté sur le vin de palme, les propriétés de l’huile de graine de palmier ; le rôle du palmier dans la biodiversité.
Pour Mme Coulibaly Natogoma, promotrice et Directrice exécutive du Jardin de Zoey, cette foire s’inscrit dans une volonté d’innovation et de sensibilisation en déclarant: « Nous avons décidé d’innover cette année en organisant des mini foires. En ce mois de mars, la plante mise en avant, c’est le palmier. L’objectif est de mieux faire connaître les variétés de palmiers en Côte d’Ivoire, où les trouve-t-on, comment les entretient-on et quels sont leurs dérivés. »
À travers cette foire, il s’agit donc de rapprocher le public de cette richesse végétale souvent négligée, tout en encourageant une meilleure compréhension de ses enjeux.
Malgré leur importance, plusieurs espèces de palmiers sont aujourd’hui menacées. L’exploitation excessive, la déforestation, les changements climatiques et certaines pratiques agricoles mettent en péril leur régénération. Le cas du rônier est particulièrement préoccupant : surexploité pour son vin, ses feuilles ou ses fruits, il subit une pression qui pourrait entraîner sa disparition locale si aucune mesure de conservation n’est prise.
Face à ces défis, des solutions existent et sont encouragées par les chercheurs à savoir, le développement de systèmes agroforestiers et la restauration des habitats naturels ; la sélection d’espèces résistantes ; la promotion de pratiques durables.
Mathias Kouamé







