
RHDP : Le couperet tombe, plusieurs cadres de la région du Lôh-Djiboua lourdement sanctionnés
Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) passe à l’offensive contre l’indiscipline. Par une décision officielle signée du Président du Directoire, Gilbert Koné Kafana, le parti au pouvoir a prononcé des sanctions sévères contre plusieurs de ses cadres, notamment dans le Lôh-Djiboua, coupables d’avoir bravé les consignes lors des législatives de décembre 2025.
La fin de l’impunité pour les « Indépendants »
L’heure est au bilan et à la discipline au sein de la “rue Lepic”. Suite aux élections législatives du 27 décembre 2025, la direction du RHDP a rendu publique la Décision N° 001/2026/PDIR-RHDP/CAB, qui frappe de plein fouet les militants ayant choisi de se présenter en candidats indépendants contre les choix officiels du parti.
Le verdict est sans appel : une interdiction de participer à toute élection interne ou nationale pour une durée de trois ans, soit jusqu’au 31 décembre 2028. En plus de cette mise à l’écart électorale, plusieurs des sanctionnés se voient déchus de leurs fonctions politiques au sein de l’appareil du parti.
Le Lôh-Djiboua particulièrement touché
La région du Lôh-Djiboua paie un lourd tribut à cette vague de sanctions. Plusieurs figures locales, autrefois piliers de la mobilisation houphouëtiste, sont aujourd’hui sur la touche :
À Guitry : Philippe Kragbé, membre influent de la coordination régionale, perd ses attributions.
À Lakota : Koné Solange (épouse Lago), qui siégeait au sein de l’Union des Femmes du RHDP (UF-RHDP), est démise de ses fonctions.
À Goudouko-Niambezaria : Samuel Dago Wakoubo, plus connu sous le pseudonyme de Sam Wacouboué, est également frappé par la mesure.
À Divo-Commune : Les militants Alahassane Diakité de jumeaux suprêmes et vainqueur des législatives de la circonscription de Divo Commune contre le député sortant, Famoussa Coulibaly, et Koné Moussa dit Môkô, subissent le même sort pour leur dissidence.
Un rappel à l’ordre statutaire
Pour justifier ces mesures de rigueur, le Directoire s’appuie sur les statuts adoptés lors du Congrès de juin 2025. Le texte rappelle que l’investiture officielle est une condition obligatoire pour tout candidat se réclamant du RHDP. Le non-respect de cette règle est désormais qualifié de « manquement grave », mettant en péril la cohésion et la stratégie du parti.
Ces sanctions, qui courent jusqu’à la fin de l’année 2028, interviennent dans un timing politique crucial. En écartant ces cadres des prochaines échéances pour les trois années à venir, le RHDP semble vouloir faire place nette et renouveler son personnel politique local.
Pour les partisans de la discipline, c’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la base : au RHDP, la loyauté envers l’institution prévaut sur les ambitions individuelles. Pour les concernés, c’est une traversée du désert politique qui commence.
Hilaire Gueby







