
Extorsion de fonds : un adjudant de gendarmerie condamné à 5 ans de prison ferme à Abidjan
La justice militaire ivoirienne a rendu une décision particulièrement ferme dans une affaire d’extorsion de fonds impliquant un sous-officier de la gendarmerie nationale. En poste à Abobo, l’adjudant identifié sous les initiales D.L.F.J.L. a été condamné, ce jeudi 16 avril, à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 500 000 FCFA, par le Tribunal militaire d’Abidjan.
Une affaire révélée par une vidéo virale
Les faits remontent au 23 février 2026, sur l’axe Abobo PK18 – Paris Baguette. Lors d’un contrôle de routine, l’adjudant avait interpellé un conducteur de tricycle et son accompagnateur. Comme cela se produit fréquemment selon plusieurs témoignages, un billet aurait été discrètement glissé dans les documents administratifs présentés à l’agent.
Mais cette fois-ci, la scène ne s’est pas déroulée dans l’ombre. À l’insu du gendarme, l’un des usagers a filmé l’échange avant de publier la vidéo sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, où elle est rapidement devenue virale. Ces images ont constitué un élément central dans l’ouverture de l’enquête et les poursuites judiciaires engagées.

Une défense peu convaincante
À la barre, le prévenu a tenté de minimiser les faits, évoquant des « gestes d’encouragement » ou des « actes de clémence » de la part des usagers en infraction. Des arguments qui n’ont pas convaincu le tribunal. Confronté aux images, l’adjudant a fini par reconnaître une « mauvaise manière de servir », en contradiction avec les règles de déontologie et les consignes en vigueur.
Une décision exemplaire
S’appuyant sur plusieurs dispositions du Code pénal, notamment les articles 471, 484 et 559, le Parquet militaire a requis une sanction sévère. Le Tribunal a suivi cette ligne en déclarant l’adjudant coupable d’extorsion de fonds et de violation de consignes.
Le verdict est sans appel :
- 5 ans d’emprisonnement ferme
- 500 000 FCFA d’amende
- Mandat de dépôt immédiat
Dans un souci de dissuasion, la juridiction a également ordonné que la décision soit affichée dans toutes les casernes du pays et publiée dans les journaux d’annonces légales.
Un signal fort contre le racket
Cette condamnation s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités ivoiriennes de lutter contre les pratiques de racket au sein des forces de défense et de sécurité. Elle envoie un signal clair quant à la tolérance zéro face aux abus d’autorité et à l’impunité.
HG







