
Souveraineté alimentaire : La Côte d’Ivoire engage la bataille des protéines animales pour 2030
Lemandatexpress – La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans sa politique agricole et alimentaire. Après avoir consolidé sa sécurité alimentaire ces dernières années, le pays ambitionne désormais d’atteindre la souveraineté alimentaire en matière de protéines animales à l’horizon 2030.
Cette volonté a été réaffirmée le mardi 26 mai 2026 par Komissiri Dagnogo, conseiller technique au ministère des Ressources animales et halieutiques, lors de la tribune d’échanges « Tout Savoir Sur » (TSS) organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG).
Face à la presse, le représentant du ministère a souligné que la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de ressources animales accessibles et disponibles en quantité suffisante. Selon lui, le défi consiste désormais à réduire progressivement la dépendance extérieure et à renforcer durablement la production nationale.
« L’État de Côte d’Ivoire a toujours pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité alimentaire, notamment en ce qui concerne les protéines animales élevées localement. Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et bâtir une véritable souveraineté alimentaire », a déclaré Komissiri Dagnogo.
Cette ambition s’appuie sur la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2026-2030), présentée comme le principal instrument de transformation du secteur.
À travers cette stratégie, le gouvernement entend moderniser les systèmes d’élevage, améliorer la productivité et développer des chaînes de valeur animales plus compétitives. La PONADEPA prévoit notamment de satisfaire, d’ici 2030, 49 % des besoins nationaux en viande, 15 % des besoins en lait et 12 % de la consommation en produits halieutiques.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs investissements structurants sont annoncés dans les domaines de l’élevage, de la transformation et de la commercialisation. Selon les projections du ministère, cette politique permettra de produire plus de 109 405 tonnes de viandes et d’abats ovins, tout en générant plus de 62 000 nouveaux emplois sur l’ensemble du territoire national.
Le programme prévoit également la construction de 23 nouveaux marchés à bétail ainsi que l’installation de 110 centres de groupage afin d’améliorer l’organisation des circuits de commercialisation. Au-delà des chiffres, les autorités ivoiriennes veulent faire du secteur des ressources animales et halieutiques un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté en milieu rural.
Komissiri Dagnogo a enfin lancé un appel aux investisseurs, aux jeunes entrepreneurs et aux acteurs du secteur agricole afin qu’ils s’engagent davantage dans les filières animales.
« Le gouvernement reste disponible pour accompagner toutes les initiatives capables de contribuer à une Côte d’Ivoire souveraine en matière de protéines animales », a-t-il assuré.
Sidoine Koffi






