Affaire du douanier Coulibaly Aimé Lamtou : les interrogations d’un citoyen sur les circonstances du décès
Le décès tragique du sergent-chef des Douanes Coulibaly Aimé Lamtou continue de susciter de nombreuses réactions. Après la version des faits rapportée par Koffi Kouamé et diffusée sur la page Facebook du journaliste André Sylvère Konan, Diabagaté Youssouf, citoyen ivoirien et internaute, soulève à son tour plusieurs interrogations et appelle à une clarification des circonstances exactes du drame.
En service à la Brigade mobile des Douanes de Yamoussoukro, Coulibaly Aimé Lamtou est décédé à la mi-août 2026 dans des circonstances tragiques, après une violente altercation qui l’aurait opposé à des acteurs du transport informel, communément appelés « gnambros ». Son corps a par la suite été retrouvé dans un lac.
Alors que plusieurs versions circulent sur les circonstances du drame, les conditions exactes ayant conduit à la mort du douanier restent, à ce stade, troubles.
Les conditions de sa prise en charge médicale interrogées
Dans une réaction publiée à la suite du récit de Koffi Kouamé, Diabagaté Youssouf dit vouloir « simplement poser une question, sans condamner ni accuser personne ». Son interrogation porte notamment sur le passage du douanier dans un établissement sanitaire. Selon la version rapportée, Coulibaly Aimé Lamtou aurait été évacué vers un centre de santé avant d’en ressortir de lui-même, estimant pouvoir poursuivre ses soins autrement. Pour Diabagaté Youssouf, cette étape mérite d’être documentée.
« Si le douanier avait effectivement été évacué et pris en charge dans un établissement sanitaire, dans quelles conditions exactes a-t-il quitté l’hôpital ? », s’interroge-t-il.
Il souhaite notamment savoir s’il existe une trace officielle de cette sortie, notamment une éventuelle décharge signée par le patient attestant qu’il aurait quitté volontairement l’établissement malgré les recommandations du corps médical. Au-delà de cette question, il estime que plusieurs éléments pourraient contribuer à établir avec précision la chronologie des événements : l’heure d’admission du douanier, son état de santé à son arrivée, les soins qui lui auraient été prodigués, l’heure et les circonstances de sa sortie, ainsi que les témoignages du personnel médical.
Il évoque également la nécessité de consulter, le cas échéant, les registres d’admission et de sortie, le rapport des sapeurs-pompiers ayant procédé à son évacuation, les rapports des forces de sécurité et de la police scientifique, ainsi que les conclusions de l’autopsie.
La question de la qualification de son état de santé
Autre interrogation soulevée par Diabagaté Youssouf : la qualification de l’état psychologique du défunt. À partir d’une déclaration rapportée, son état aurait été présenté comme relevant d’un « problème mental ». Une appréciation que l’internaute juge prématurée.
Selon lui, le fait qu’une personne puisse tenir des propos inhabituels ou paraître incohérente ne suffit pas, à lui seul, à établir l’existence d’un trouble mental. Une telle conclusion, estime-t-il, relève d’une évaluation médicale et non d’une interprétation personnelle.
« À charge comme à décharge»
Diabagaté Youssouf revient également sur le principe selon lequel la justice doit instruire une affaire « à charge comme à décharge ». Pour lui, ce principe implique que toutes les pistes soient examinées et que les éléments susceptibles d’établir la responsabilité de personnes éventuellement mises en cause soient confrontés à ceux pouvant les disculper. Dans ce contexte, l’internaute appelle à la prudence face aux différentes versions qui circulent sur les réseaux sociaux.
« Personne ne devrait condamner qui que ce soit sur les réseaux sociaux », fait-il valoir, estimant toutefois que le public ne devrait pas non plus être invité à considérer une version comme définitive avant que les investigations n’aient permis d’en établir la véracité.
La vérité attendue
Pour Diabagaté Youssouf, compte tenu de la gravité de l’affaire, la lumière doit être faite à partir d’éléments objectifs : rapports officiels, témoignages, expertises médico-légales et résultats de l’enquête.
L’enjeu, selon lui, est double : permettre à la famille de Coulibaly Aimé Lamtou de connaître les circonstances exactes de sa mort, tout en garantissant aux éventuelles personnes mises en cause que les faits seront établis avec rigueur et dans le respect des principes de justice.
Alors que les interrogations persistent autour de la mort du douanier, les conclusions des investigations et, le cas échéant, de l’autopsie devraient permettre de départager les différentes versions qui circulent. Pour Diabagaté Youssouf, une seule exigence doit prévaloir : « Que toute la lumière soit faite. Rien que la vérité, toute la vérité. »
Martial Galé






