Taxe de développement touristique : Une campagne pour renforcer le recouvrement et booster l’essor du secteur
La campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation pour l’amélioration du recouvrement de la Taxe de Développement Touristique (TDT) a été officiellement lancée, mardi 18 août 2026, à l’Hôtel des Armées d’Abidjan-Plateau. Cette initiative vise à favoriser l’appropriation des nouvelles dispositions de l’Annexe fiscale 2026 et à renforcer la mobilisation des ressources destinées au financement du développement du tourisme et des loisirs en Côte d’Ivoire.
Présidant la cérémonie au nom du ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, le directeur de cabinet Daniel Leal Andi a rappelé que la TDT constitue un instrument essentiel pour accompagner les ambitions de la stratégie « Sublime Côte d’Ivoire ». Il a notamment souligné que l’évolution du dispositif fiscal traduit la volonté de donner au secteur les moyens de financer durablement son développement. L’Annexe fiscale 2026 introduit deux changements majeurs : l’élargissement de l’assiette de la TDT à l’ensemble des acteurs de l’écosystème touristique et des loisirs, quel que soit leur régime fiscal, et le relèvement du taux de 1,5 % à 2,5 % par facture de consommation. Hôtels, restaurants, agences de voyages, résidences de tourisme, espaces de loisirs et autres établissements concernés sont ainsi intégrés au nouveau dispositif, conformément à la réglementation en vigueur.

S’adressant aux professionnels, Daniel Leal Andi a tenu à clarifier leur responsabilité : « Vous n’êtes pas les redevables économiques de cette taxe. Vous en êtes les collecteurs. » La TDT est acquittée par le client bénéficiaire de la prestation, tandis que l’entreprise en assure la perception et le reversement conformément à la loi. Les ressources mobilisées ont vocation à revenir au secteur à travers les investissements du Fonds de Développement Touristique (FDT) dans la promotion, la modernisation, la formation, l’attractivité et le développement de l’offre touristique. Le président du FDT, Dr Marcel N’Guettia, a, pour sa part, détaillé les mécanismes de collecte et de reversement. Deux circuits sont prévus : la Direction Générale des Impôts (DGI) assure la collecte pour les acteurs ne relevant pas de la Taxe Communale de l’Entreprenant (TCE), tandis que les acteurs soumis à la TCE sont collectés au niveau des collectivités territoriales, notamment par les mairies. Les sommes collectées par les collectivités devront être reversées sur un compte spécial ouvert à la BNI, afin de renforcer la sécurisation, la traçabilité et le suivi des ressources. Le dispositif repose ainsi sur une coordination entre les collectivités territoriales, la DGI, le Trésor, la BNI et le FDT.
La campagne, conduite conjointement par le FDT, la DGI, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) et la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL), privilégiera la pédagogie, l’information et le dialogue avec les opérateurs. Elle prévoit notamment la clarification des procédures de collecte et de reversement, l’identification des difficultés, la désignation de points focaux régionaux et l’élaboration de plans d’actions locaux. Après Abidjan, des missions de sensibilisation seront déployées dans plusieurs grandes villes touristiques du pays, notamment Dabou, Aboisso, Yamoussoukro, Bouaké, San Pedro, Abengourou, Man, Korhogo, Bondoukou, Agboville, Daloa, Divo, Gagnoa et Ferkessédougou.
La cérémonie a réuni des responsables des structures ministérielles, les représentants des dix mairies d’Abidjan ainsi que ceux de Bingerville, Songon et Anyama, les Directions régionales des Impôts, les services du Trésor et les responsables des faîtières du secteur touristique. À travers cette campagne, l’État entend instaurer un mécanisme de collecte plus efficace, transparent et sécurisé, au service de la stratégie « Sublime Côte d’Ivoire ». L’objectif est de transformer la contribution touristique en investissements durables au bénéfice des professionnels, des collectivités, des populations et de l’économie nationale.
Mathias Kouamé







