Guinée-Côte d’Ivoire : Ce que Doumbouya et Alassane Ouattara se sont dit à Abidjan

Lemandatexpress – Le président guinéen Mamadi Doumbouya a effectué un séjour en Côte d’Ivoire du 11 au 14 septembre, à l’invitation de son homologue ivoirien Alassane Ouattara. Selon Jeune Afrique, plusieurs dossiers sensibles, notamment la sécurité aux frontières, l’orpaillage illégal, le trafic de cacao, le projet de monnaie commune Eco ainsi que la situation des opposants guinéens en exil, ont été abordés lors de leur rencontre.

Arrivé à Abidjan dans la soirée du 11 septembre, Mamadi Doumbouya a été accueilli par la présidente du Sénat, Kandia Kamissoko Camara, ainsi que les ministres Vagondo Diomandé, Adama Kamara et Nassénéba Touré. Le président guinéen s’est ensuite rendu à Assinie, où il a séjourné dans une résidence appartenant à certains de ses proches.

Le 13 septembre, Alassane Ouattara a reçu son homologue guinéen à sa résidence de Cocody Riviera Golf. Les deux chefs d’État ont d’abord échangé en tête-à-tête avant d’être rejoints par plusieurs collaborateurs.

Du côté ivoirien, étaient notamment présents le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara et la secrétaire générale de la présidence, Masséré Touré-Koné. La délégation guinéenne comprenait notamment Facinet Sylla, ancien ministre du Budget, Thierno Mamadou Bah, conseiller à la présidence, ainsi que Fodé Amadou Fofana, dit « Papa Fofana », chef du cabinet civil de Mamadi Doumbouya.

Sécurité frontalière et trafic de cacao au cœur des échanges

Selon Jeune Afrique, les discussions ont principalement porté sur les questions sécuritaires. L’orpaillage illégal et la contrebande de cacao figuraient notamment parmi les sujets évoqués.

Le trafic de cacao constitue un dossier particulièrement sensible. Quelque 150 000 tonnes de fèves issues du trafic illicite transiteraient par la Guinée, alors que le pays produit un peu plus de 30 000 tonnes. Face à cette situation, les deux présidents auraient convenu de renforcer le dispositif de sécurisation de leur frontière commune.

Le dossier de l’Eco également évoqué

Autre point de discussion : le projet de monnaie commune de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Alors que la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara soutient activement le projet de l’Eco, la Guinée a choisi de conserver le franc guinéen.

En août, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Karamo Kaba, avait publiquement expliqué cette position. Mamadi Doumbouya aurait à son tour exposé les raisons de ce choix à son homologue ivoirien.

La situation des opposants guinéens en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara aurait également fait part de ses préoccupations concernant plusieurs dossiers sensibles en Guinée, notamment l’incarcération et le transfèrement loin de Conakry de l’ancien avocat près la Cour suprême, Algassimou Diallo.

La découverte, le 24 août, d’un charnier à Allassoyah, dans la préfecture de Forécariah, à une centaine de kilomètres au sud de Conakry, aurait également été évoquée.

En retour, le président ivoirien aurait assuré à son homologue guinéen qu’il veillait à ce que les opposants guinéens installés en Côte d’Ivoire ne participent pas à d’éventuels projets de déstabilisation.

Parmi eux figurent notamment Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR), et Cellou Dalein Diallo, figure historique de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Tous deux font l’objet de poursuites judiciaires en Guinée et ne peuvent actuellement regagner Conakry. Leurs biens ont également été confisqués.

Une première rencontre depuis juin 2025

Cette rencontre entre Mamadi Doumbouya et Alassane Ouattara intervient après plus d’un an sans rencontre directe. Les deux dirigeants s’étaient vus pour la dernière fois en juin 2025, lors de la première visite officielle du président guinéen en Côte d’Ivoire.

Mamadi Doumbouya était également attendu à Abidjan le 7 août dernier pour les célébrations de la fête de l’indépendance ivoirienne à Yopougon. Il avait finalement été représenté par son Premier ministre, Bah Oury.

La Guinée et la Côte d’Ivoire partagent plus de 610 kilomètres de frontière, de la région d’Odienné, dans le nord-ouest ivoirien, jusqu’à Danané, dans l’extrême-ouest du pays.

Abran Saliho avec Jeune Afrique

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