Secrétariat général de l’ONU : Macky Sall en difficulté après un troisième vote

Lemandatexpress – La course à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies se complique pour l’ancien président sénégalais Macky Sall. Selon Jeune Afrique, le troisième « straw poll », organisé le 18 septembre au Conseil de sécurité de l’ONU, lui a été défavorable.

Le processus de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU avance progressivement à travers des votes indicatifs et anonymes des quinze membres du Conseil de sécurité. Ces « straw polls » permettent de mesurer le soutien dont bénéficient les différents candidats avant les étapes décisives.

Lors des deux premiers tours, organisés les 30 juillet et 21 août, aucun candidat n’était parvenu à s’imposer nettement. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), avait obtenu 10 votes « encourage » lors du premier scrutin, avant de reculer à 7 au deuxième.

La Guyanaise Carolyn Rodrigues Birkett avait alors pris la tête avec 8 votes « encourage », contre 3 « décourage » et 4 « sans opinion ».

Macky Sall en net recul

Le troisième scrutin n’a pas fondamentalement bouleversé la course, mais il a accentué les difficultés de Macky Sall. D’après les résultats rapportés par Jeune Afrique, l’ancien président sénégalais est passé d’un solde de -1 et de deux votes « sans opinion » le 21 août à un solde de -4, avec un seul vote « sans opinion », le 18 septembre.

Il n’a obtenu que 5 votes « encourage », alors que neuf sont nécessaires pour franchir le seuil permettant d’envisager une désignation. Il a, en revanche, recueilli 9 votes « décourage ».

Cette évolution place Macky Sall derrière l’Ougandais Olara Otunnu, qui occupe désormais la troisième position avec un solde de -2 et trois votes « sans opinion ». Le diplomate, ancien ministre ougandais des Affaires étrangères, n’était entré officiellement dans la course que le 24 juillet.

De leur côté, Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues Birkett restent en tête avec respectivement 9 et 8 votes « encourage ». Elles restent toutefois exposées à un éventuel veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, compte tenu du nombre de votes « décourage » obtenus.

Jeune Afrique relève également un ralentissement de l’activité diplomatique de Macky Sall depuis plusieurs semaines. L’ancien chef de l’État sénégalais avait été particulièrement actif durant les premiers mois de sa campagne.

Le 17 juillet, il avait été reçu à Dakar par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui lui avait officiellement apporté le soutien de la République du Sénégal. Une semaine plus tard, Macky Sall avait été reçu à Bogotá par le président colombien Gustavo Petro.

Depuis, son agenda public apparaît plus limité. Il a notamment participé, le 27 août, au Sommet mondial des gouvernements organisé aux Émirats arabes unis, où il est intervenu comme panéliste sur le thème du futur du leadership mondial. Il avait également reçu, quelques jours auparavant, le titre de docteur honoris causa de l’Université Denis-Sassou-Nguesso de Kintelé, à Brazzaville.

À l’inverse, Olara Otunnu a intensifié ses démarches. Après avoir présenté sa vision pour les Nations unies devant l’Assemblée générale et participé à un dialogue avec les représentants des États membres, il a rencontré les ambassadeurs des quinze pays membres du Conseil de sécurité.

Il a également échangé avec les représentants permanents du groupe des États africains auprès de l’ONU sur les priorités de l’Afrique et du Sud global. Le continent africain compte actuellement trois membres au Conseil de sécurité : la Somalie, la République démocratique du Congo et le Liberia.

Trois scénarios pour la suite

À la veille du troisième scrutin, Daniel Safran-Hon, ancien responsable des Nations unies et aujourd’hui conseiller auprès de l’International Peace Institute, avait identifié trois scénarios possibles pour la suite du processus, rapporte Jeune Afrique.

Le premier serait celui d’une « percée », avec un candidat dépassant nettement le seuil de neuf votes « encourage ». Un score de 12 voix ou plus pourrait traduire un rassemblement du Conseil autour d’un même candidat, même si un vote « décourage » d’un membre permanent pourrait encore bloquer sa candidature.

Le deuxième scénario serait celui de « l’effritement », avec des résultats proches des précédents et aucun candidat dépassant neuf votes « encourage ». Une telle situation pourrait ouvrir la porte à de nouvelles candidatures et relancer entièrement la compétition.

Enfin, le troisième scénario serait celui d’un « point d’équilibre ». Un ou plusieurs candidats pourraient alors atteindre entre 9 et 12 votes « encourage », tout en restant dépendants du nombre de votes « décourage » obtenus. Cette configuration pourrait également favoriser l’arrivée de nouveaux candidats, mais dans des proportions plus limitées.

Le prochain scrutin sera donc particulièrement attendu, alors que le mandat d’António Guterres doit prendre fin le 31 décembre 2026. Le nouveau secrétaire général doit entrer en fonction le 1er janvier 2027.

Abran Saliho avec jeune Afrique

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