Connect Côte d’Ivoire : Françoise Remarck veut faire de l’économie orange un moteur de développement des territoires

Lemandatexpress – La 7e édition de Connect Côte d’Ivoire, l’Expo des régions et districts de Côte d’Ivoire, a officiellement refermé ses portes ce vendredi 2 octobre 2026 à Abidjan. Placée sous le signe de l’économie orange, cette dernière journée a mis en lumière le potentiel des industries culturelles et créatives dans la transformation économique des territoires. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, la représentante résidente du PNUD, Blerta Cela, et la commissaire générale de l’événement, Nadine Bla, ont appelé à mieux structurer cet écosystème pour créer davantage d’entreprises, d’emplois et d’opportunités.

Au terme de trois jours de rencontres, d’échanges et de connexions entre les régions, les districts, les acteurs publics et privés, la culture s’est imposée comme l’un des principaux leviers de la réflexion autour du développement territorial. Pour Françoise Remarck, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel culturel considérable qu’il convient désormais de transformer en valeur économique.

« Notre ambition n’est donc pas seulement de préserver et de célébrer notre culture », a souligné la ministre, appelant à mieux structurer le secteur, à investir dans la création, à protéger les œuvres et à créer les conditions permettant aux industries culturelles et créatives de générer davantage de richesses et d’emplois sur l’ensemble du territoire.

Selon elle, cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui fait de la culture un levier stratégique du développement et du rayonnement de la Côte d’Ivoire. Elle est également en cohérence avec le Plan national de développement 2026-2030, notamment son pilier consacré à la promotion de l’investissement privé, au développement des champions nationaux et à la création d’emplois durables et décents.

La ministre a rappelé le poids croissant de l’économie orange dans le monde. Citant des données de l’UNESCO, elle a indiqué que les industries culturelles et créatives représentent environ 3 % du PIB mondial et 6,2 % de l’emploi, soit près de 50 millions d’emplois. Le numérique et l’intelligence artificielle, a-t-elle relevé, sont par ailleurs en train de transformer profondément les modes de création, de production, de diffusion et de commercialisation.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est donc de passer du talent à l’industrie. « Notre trajectoire peut se résumer simplement : passer du talent à la compétence, de la compétence à l’entreprise, de l’entreprise au marché, du marché à l’investissement et de l’investissement à l’emploi et au développement des territoires », a résumé Françoise Remarck.

La culture au-delà d’Abidjan

La ministre a insisté sur la nécessité de ne pas concentrer cette dynamique sur la seule capitale économique. Chaque région, chaque district dispose, selon elle, de patrimoines, de savoir-faire, d’histoires et de talents susceptibles de devenir des sources de revenus et d’emplois.

Dans cette perspective, elle a évoqué la création de pôles créatifs complémentaires autour des arts vivants, de la musique, de l’artisanat, des métiers d’art, du patrimoine, de la mode et du textile, de l’audiovisuel, du design, du tourisme culturel ou encore de la création numérique.

L’exemple du centre culturel JAKAKA à Bouaké illustre cette volonté. Il ne s’agit pas seulement, a expliqué la ministre, de réhabiliter une infrastructure, mais d’y associer la formation, l’incubation et l’accompagnement des métiers de la culture. Elle a également cité le centre dédié au tissage installé à Montezot, présenté comme un modèle permettant à des femmes de développer leurs savoir-faire et de gagner en autonomie.

Françoise Remarck a, par ailleurs, annoncé le lancement prochain de l’initiative « Génération patrimoine », destinée à rapprocher les jeunes des détenteurs des savoirs traditionnels et des « trésors humains vivants ». L’objectif est de favoriser la transmission du patrimoine et de permettre aux nouvelles générations de s’en approprier les richesses.

Le PNUD veut rapprocher créativité, financement et marché

Partenaire de cette réflexion sur l’économie orange, le PNUD entend également contribuer à la transformation de la créativité ivoirienne en activités économiques durables. La représentante résidente, Blerta Cela, a salué la puissance créative de la Côte d’Ivoire, qu’elle dit observer aussi bien à Abidjan que dans les régions.

Textile, artisanat, musique, gastronomie, cinéma, arts ou encore savoir-faire traditionnels : selon elle, les talents ivoiriens disposent déjà d’une capacité à rayonner au-delà des frontières nationales. « Le talent est déjà là. La créativité est déjà là. Et le monde le regarde déjà », a-t-elle déclaré.

Le défi consiste désormais, a-t-elle poursuivi, à transformer davantage cette créativité en entreprises, en emplois, en revenus et en opportunités pour les jeunes et les territoires.

Elle a notamment cité le projet de musée-école du Balafon de la Bagoué, développé avec les autorités ivoiriennes, comme un exemple de valorisation du patrimoine pouvant générer de l’artisanat, du tourisme culturel, des compétences, de l’entrepreneuriat et de nouvelles activités économiques.

Pour le PNUD, le cinéma offre également des perspectives importantes. Au-delà des acteurs et réalisateurs, une production cinématographique mobilise des scénaristes, techniciens, costumiers, producteurs, mais aussi des hôtels, restaurants, transporteurs et artisans. Une œuvre peut ainsi, selon Blerta Cela, faire vivre toute une chaîne de valeur.

Le partenariat avec le ministère de la Culture et de la Francophonie vise ainsi à créer des passerelles entre les talents et les compétences, la créativité et le financement, mais aussi entre les territoires et les marchés.

Nadine Bla appelle à transformer les connexions en partenariats

Pour Nadine Bla, commissaire générale de Connect Côte d’Ivoire, cette septième édition a permis de donner une vitrine aux potentialités des 31 régions et des deux districts autonomes présents.

Elle a relevé que l’économie orange permet de regarder les richesses culturelles non seulement comme un héritage à préserver, mais aussi comme « un potentiel à structurer, une valeur à transformer, une économie à développer ».

La responsable a appelé à mieux connecter la formation à l’emploi, la création à l’entrepreneuriat, les talents au marché et les territoires aux partenaires susceptibles de les accompagner.

Au terme de l’événement, elle a également mis en avant la signature d’un protocole d’accord entre le PNUD et Capital Connect, initiateur de Connect Côte d’Ivoire. Un accord qui, selon elle, devra désormais se traduire par des actions concrètes, des partenariats et des réalisations au bénéfice des territoires.

Nadine Bla a par ailleurs présenté ses excuses aux participants ayant pu subir des difficultés ou des insuffisances durant l’événement, assurant que les enseignements nécessaires seraient tirés pour les prochaines éditions.

Avec cette septième édition, Connect Côte d’Ivoire entend ainsi prolonger sa mission de mise en relation des territoires, des talents, des institutions et du secteur privé. Pour Françoise Remarck, l’ambition est désormais claire : faire de la Côte d’Ivoire un pôle de référence des industries culturelles et créatives, en faisant de son patrimoine et de sa créativité des leviers de croissance, d’emploi et de développement local.

Abran Saliho

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