
Depuis Osaka, Alpha Blondy: « La plus belle guerre, c’est la guerre avec le cerveau »
Lemandatexpress – Dans sa parution du jour, le quotidien gouvernemental Fraternité Matin a réalisé une interview d’Alpha Blondy, icône planétaire du reggae, actuellement en déplacement à Osaka, au Japon, aux côtés d’une mission économique ivoirienne. À travers son franc-parlé et sans langue de bois, l’artiste a livré sa lecture de l’actualité socio-politique en Côte d’Ivoire et exprimé son appréciation de la gouvernance actuelle.
« Tout le monde critique les dirigeants de son pays, c’est universel », lance-t-il d’emblée. Mais en Côte d’Ivoire, les progrès réalisés sont pour lui tout simplement remarquables. « Pour nous qui avons un certain âge, c’est incroyable, ce qui a été fait ! Je veux qu’on continue sur cette lancée » souhaite t-il.
Alpha Blondy, qui se tient loin des clivages partisans, évoque que ces figures majeures de la vie politique nationale, rappelant que la continuité de l’État est plus importante que les querelles de chapelle.
Selon lui, la société ivoirienne est gangrené par ” l’analphabétisme politique, nourri par une méconnaissance des institutions et des mécanismes démocratiques. À cela s’ajoute un mal plus insidieux, qu’il nomme à travers un terme peu connu mais révélateur : **les ultra-crépidarialistes.
« Ce sont des gens qui n’ont aucune qualification sur un sujet, mais qui s’en proclament experts. En Afrique, et surtout en Côte d’Ivoire, ils pullulent. Ceux qui, à la huitième bière dans un maquis, se mettent à expliquer la Constitution », ironise-t-il. Pour lui, ce phénomène est dangereux, car il installe une confusion entre opinion personnelle et vérité politique. « Il ne faut pas laisser le pays à la merci des ultra-crépidarialistes », avertit-il.
Alpha Blondy insiste aussi sur la nécessité de privilégier la compétence sur l’apparence : « Être en costume, cravate avec une mallette, c’est du cosmétique. Mais la compétence, c’est autre chose. » Il invite à regarder vers des modèles de résilience et de reconstruction comme le Japon, pays hôte de son séjour, qui a su renaître après les traumatismes de la guerre. « La plus belle guerre, c’est la guerre avec le cerveau », affirme-t-il, dans un message fort adressé à la jeunesse africaine.
Revenant sur l’histoire de la Côte d’Ivoire, Alpha Blondy estime que depuis l’indépendance, le pays mène une guerre constructive : celle du développement, de l’éducation, de la santé, des infrastructures. Une guerre qui, selon lui, doit continuer pour assurer l’avenir des générations futures. Il rejette catégoriquement toute logique de conflit armé : « Comment un Africain intelligent peut-il parler de guerre ou tomber dans ce piège ? C’est une bêtise effroyable. »
Depuis Osaka, la voix d’Alpha Blondy résonne donc comme un appel à la raison, à l’unité et à l’action intelligente. Un plaidoyer vibrant pour une Côte d’Ivoire tournée vers l’avenir, portée par ses cerveaux et non par ses divisions.
Izou Dine avec FratMat







