
Présidentielle 2025 : Alassane Ouattara enterre les espoirs de Gbagbo, Thiam, Blé Goudé et Soro
Lemandatexpress – Dans son adresse à la Nation ce 6 août 2025, à la veille de la commémoration du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara a surpris plus d’un observateur. Attendu sur la question brûlante de la réinscription des grandes figures de l’opposition sur la liste électorale, le chef de l’État a soigneusement évité le sujet.
Pas un mot sur Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro ou Charles Blé Goudé. Aucun geste présidentiel en faveur de leur retour dans l’arène démocratique. Ce silence présidentiel, dans un discours d’un peu plus d’un quart d’heure, est interprété comme un signal clair : la messe est dite pour les candidatures juridiquement compromises.
En effet, malgré les appels pressants de l’opposition et des organisations de la société civile en faveur d’une élection inclusive, le président Ouattara est resté ferme. Il n’ a pas allégé les conditions d’accès à la présidentielle à ceux qui sont radiés des listes électorales pour des raisons juridiques.
Si le ton général du discours se voulait rassembleur et orienté vers la paix, avec l’annonce d’une grâce présidentielle au profit de 8 533 détenus de droits communs, c’est bien l’absence de mesures politiques fortes qui a marqué les esprits. Pas de loi d’amnistie, pas de décret exceptionnel, ni même une évocation symbolique du débat sur la réconciliation électorale.
Le président a en revanche insisté sur la garantie d’un scrutin apaisé, sécurisé et conforme aux standards internationaux, mais sans jamais s’engager sur les critères d’inclusivité pourtant au cœur de l’actualité nationale.
Ce discours survient à quelques jours d’une marche annoncée du Front commun PPA-CI / PDCI-RDA, prévue le 9 août à Yopougon, entre le Carrefour Saguidiba et la place Ficgayo. Cette mobilisation vise précisément à dénoncer l’exclusion des leaders de ces partis, radiés des listes électorales.
Il est évident que l’absence de toute mesure corrective ne manquera pas de provoquer un choc dans les rangs de l’opposition.
Qu’à cela ne tienne, le discours d’Alassane Ouattara confirme une ligne dure : la présidentielle d’octobre 2025 se jouera sans certains poids lourds de la vie politique nationale. Un signal qui risque d’aggraver la fracture politique entre le pouvoir et une opposition déjà en ébullition. À moins que Laurent Gbagbo et ses pairs ne mettent un peu d’eau dans leur vin.
Aziz Krah







