
Littoral ivoirien : depuis Grand-Lahou, le ministre Abou Bamba salue un tournant historique dans la lutte contre l’érosion côtière
Lemandatexpress – En visite, ce jeudi, sur le site des travaux de construction de l’ouvrage de stabilisation du cordon sableux de Grand-Lahou, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a salué une avancée majeure dans la protection du littoral ivoirien contre l’érosion côtière.
Les travaux de stabilisation du cordon sableux de Lahou-Kpanda, dans le département de Grand-Lahou, atteignent aujourd’hui un taux d’achèvement très avancé, à un mois de la livraison définitive de l’ouvrage, prévue pour avril prochain. Inscrit dans le cadre du projet WACA (West Africa Coastal Areas Management Program), soutenu par le Groupe de la Banque mondiale, ce vaste chantier a permis de réhabiliter durablement le littoral de la région, à travers notamment la préservation des mangroves, l’ouverture d’une nouvelle embouchure et la sécurisation des berges.

« Solution trouvée »
Sur le terrain, le ministre Abou Bamba n’a pas caché sa satisfaction devant l’ampleur des réalisations, qui viennent renforcer la résilience des zones côtières. « Aujourd’hui, nous sommes fiers d’annoncer à la Côte d’Ivoire que la solution a été trouvée. La fermeture de l’ancienne passe, l’ouverture et la consolidation de la nouvelle, l’ingénierie lourde déployée, l’apport en béton, l’engraissement en sable et l’ingénierie océanique et côtière font que notre pays a définitivement réglé le problème de l’érosion côtière dans la région de Lahou-Kpanda, et même au-delà », s’est-il félicité, rappelant que cette problématique persistait depuis plus de vingt ans.
Les résultats sont déjà palpables. Près de 14 hectares de terres ont été sauvés, avec, surtout, la garantie que les zones habitées ne seront plus menacées par la mer. Une victoire environnementale, mais aussi sociale, pour les populations locales longtemps confrontées à l’avancée inexorable des eaux.

Un impact économique majeur
Sur le plan économique, l’impact s’annonce tout aussi considérable. Pour le ministre, la sécurisation du littoral ouvre de nouvelles perspectives de développement, notamment dans le tourisme côtier. « Avec 560 kilomètres de côtes encore insuffisamment exploitées, la Côte d’Ivoire dispose désormais d’opportunités majeures en matière de tourisme balnéaire, d’écotourisme et de loisirs nautiques », a-t-il souligné, évoquant également la richesse écologique de la zone, entre îles, mangroves, tortues marines endémiques et couloirs migratoires d’oiseaux venus d’Europe.

Autant d’atouts naturels qui pourraient faire de Grand-Lahou une destination de référence pour l’observation des oiseaux et la découverte de la biodiversité, un segment touristique en pleine expansion à l’échelle mondiale.
Les retombées pour les populations locales sont également au cœur des priorités. La protection des villages, la sécurisation des habitations et le développement d’activités génératrices de revenus, notamment la pêche, constituent des enjeux majeurs. « La Côte d’Ivoire importe près d’un milliard d’euros de poissons chaque année. Avec les infrastructures réalisées ici, les jeunes Avikam et l’ensemble des communautés riveraines pourront désormais s’adonner pleinement à la pêche, dans une zone à fort potentiel halieutique », a expliqué le ministre, convaincu que ce projet contribuera à renforcer la sécurité alimentaire et à créer de nombreux emplois. Il a indiqué, par ailleurs, que les plus hautes autorités du pays, notamment le Premier ministre et le Président de la République, annonceront officiellement aux Ivoiriens l’aboutissement de ce chantier stratégique, qui marque, selon lui, un tournant historique dans la lutte contre l’érosion côtière en Côte d’Ivoire.

Soulagement et reconnaissance
Au nom des populations, Loa Daniel, notable de la chefferie de Lahou-Kpanda, a exprimé tout le bonheur que procure cette réalisation : « Une grande partie du village a été sauvée grâce au projet WACA. Les vestiges les plus importants — l’église catholique et l’église coloniale, la première église de l’archidiocèse de Gagnoa — viennent d’être sauvés. C’est un sentiment de joie pour le peuple Avikam et le département de Grand-Lahou. Merci au ministre et au Président de la République qui s’est soucié du peuple Avikam.»
À noter que les travaux du projet WACA, lancés en 2018, ont coûté 42 milliards de F CFA et devraient s’étendre à d’autres points névralgiques du littoral ivoirien : Port-Bouët, Grand-Bassam et Assinie.
Martial Galé







