
4e Édition de la Fête des Libertés : Simone Gbagbo et le MGC privilégient la réflexion aux festivités
À l’occasion du 36e anniversaire du multipartisme en Côte d’Ivoire, le Mouvement des Générations Capables (MGC) a transformé sa traditionnelle « Fête des Libertés » en un cadre de réflexion stratégique. Le samedi 2 mai 2026, à Cocody-Golf, intellectuels et acteurs politiques ont passé au crible l’état de la démocratie ivoirienne.
Exit les défilés et les fanfares habituels. Pour cette 4e édition, la présidente du MGC, Simone Ehivet Gbagbo, a fait le pari de l’intellect. Sous le thème central *« 1990-2026, 36 ans de multipartisme en Côte d’Ivoire : quelles avancées démocratiques et quelles libertés réelles pour les citoyens ? », un panel d’experts a dressé un bilan sans concession de l’évolution politique du pays.
Un parterre d’invités diversifié, malgré des absences remarquées
La salle de conférence, qui a accueilli plus de 500 participants, affichait complet. De nombreuses figures de l’opposition et de la société civile ont répondu présent Le PPA-CI (représenté par Angèle Boka), le COJEP, Don Mello, ainsi que des délégations de la CEDEAO, de l’ambassade d’Égypte et du NDI.
« Une journée historique par la qualité et la profondeur des questions débattues », s’est réjouie Simone Ehivet Gbagbo lors de la clôture des travaux.
Toutefois, le PDCI-RDA et le RHDP, bien qu’invités, n’ont pas envoyé de représentants, laissant planer le doute sur leur volonté de participer à ce dialogue contradictoire.
Quatre interventions majeures ont structuré les débats :
L’histoire pour comprendre le présent :L’ancien ministre Koffi Koffi Lazare a retracé les mutations du multipartisme depuis l’époque coloniale, soulignant que le chemin parcouru jusqu’en 2026 est jalonné de trajectoires sinueuses.
Le paradoxe institutionnel : Le Dr Paul Agoubli a critiqué l’« inflation » des institutions. Selon lui, multiplier les organes administratifs ne garantit pas la démocratie. Il a rappelé que l’illusion de 2010 croire qu’une simple élection ramènerait la paix prouve que sans un État régulateur fort, la fragilité demeure.
L’érosion des libertés : En direct des États-Unis, Semien Eric-Aimé (Président de l’OIDH) a pointé du doigt la confusion des pouvoirs qui, par des amalgames juridiques, finit par diluer les libertés publiques.
L’éducation citoyenne comme rempart :Le Pr Traoré Dominique a plaidé pour une formation politique accrue des citoyens. Rejetant l’idée que les coups d’État sont une solution aux échecs politiques, il a appelé à un « cadre de dialogue permanent ».
Les échanges ont été marqués par les interventions percutantes des invités. Angèle Boka (PPA-CI) a fustigé le népotisme ambiant, tandis que Don Mello a rappelé une vérité fondamentale : le multipartisme n’est que la porte d’entrée de la démocratie, pas sa finalité. Pour lui, la démocratie est indissociable de la souveraineté et nécessite des acteurs véritablement imbus de culture démocratique. Il a d’ailleurs appelé à la création d’une « gauche plurielle » pour relever les futurs défis électoraux.
Cette journée de réflexion ne restera pas lettre morte. Le MGC a annoncé la publication prochaine d’un rapport général assorti de recommandations. Ce document vise à alimenter le débat national et à proposer des pistes concrètes pour une meilleure gouvernance en Côte d’Ivoire.
HG







