
PPA-CI : après plusieurs couacs, Laurent Gbagbo veut redonner le pouvoir à la base du parti
Lemandatexpress – Dans une longue lettre adressée aux fédéraux, Laurent Gbagbo reconnaît les limites du fonctionnement actuel du PPA-CI et annonce une série de réformes visant à remettre la base militante au cœur des décisions politiques.
Dans cette correspondance marquée par un ton d’introspection et de fermeté, Laurent Gbagbo affirme vouloir corriger les dysfonctionnements observés depuis la création du parti. « J’ai décidé de donner la parole à la base », écrit-il, estimant que la force d’un parti politique ne se construit pas dans les bureaux mais sur le terrain, au contact des populations.
Le leader du PPA-CI rappelle qu’en 2000, lorsqu’il accédait au pouvoir, le Front populaire ivoirien fonctionnait avec seulement 67 membres au secrétariat général.
Selon lui, cette organisation réduite n’avait pas empêché le parti d’être « organisé, combatif et efficace ». À l’inverse, il juge aujourd’hui le secrétariat général du PPA-CI « trop lourd » et parfois déconnecté des réalités du terrain.
Sans citer directement les tensions internes ou les critiques qui secouent récemment le parti, Laurent Gbagbo reconnaît que plusieurs nominations ont été faites sur proposition des cadres dirigeants, avec des résultats qui « ne correspondent pas toujours aux sacrifices consentis par les militants ». Une manière, pour plusieurs observateurs, d’admettre les difficultés de fonctionnement et les frustrations grandissantes au sein de la formation politique.
Pour tourner cette page, le président du parti annonce une nouvelle méthode basée sur le mérite militant. Les nouveaux statuts du PPA-CI limitent désormais à 150 le nombre de membres du secrétariat général. Mais surtout, Laurent Gbagbo souhaite désormais que les responsables locaux participent activement aux choix des futurs dirigeants.
Il demande ainsi aux fédéraux, en collaboration avec les membres élus du comité central, d’organiser des assemblées générales afin de proposer trois noms par département.
Ces propositions serviront ensuite à désigner les futurs secrétaires généraux adjoints de district. « Un poste doit se mériter sur le terrain », insiste Laurent Gbagbo, qui affirme vouloir récompenser l’engagement, la fidélité et la capacité de mobilisation des militants.
À travers cette réforme, l’ancien président ivoirien dit vouloir bâtir « un parti fort » plutôt que « fabriquer un homme fort », tout en rétablissant la confiance entre la direction et la base militante.
M. Galé







