
Gbêkê – Crise dans la chefferie traditionnelle des cantons Gblo: comment Jacques Assahoré Konan a ramené la cohésion et le respect des institutions
Lemandatexpress – Une crise inattendue a ébranlé ces derniers jours la chefferie traditionnelle des cantons Gblo de Diabo et de Languibonou, dans le Gbêkê. Au cœur de la tourmente : des accusations d’ingérence visant le président régional de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels, Nanan N’Goran Koffi II. Une situation explosive que le ministre Jacques Assahoré Konan, fils et cadre de la région, a su désamorcer avec autorité et discernement.
Son intervention, le jeudi 4 juin, est tombée à point nommé, avant que le conflit ne s’enlise. Car les chefs de villages, de tribus et de cantons de Diabo et de Languibonou semblaient bien décidés à bousculer l’ordre institutionnel. Réunis le 3 juin à Diabo, ces têtes couronnées ont publié une motion dénonçant les prétendues ingérences de Nanan N’Goran Koffi II : son implication dans la désignation du chef du village de Saoundi, sa mainmise supposée sur la succession au sein du canton Gblo Blè, et son rôle dans le choix des représentants du Gbêkê à la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels. La motion a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, amplifiant la tension.
Face à ces accusations, l’intéressé a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué n’être intervenu, à chaque fois, qu’à la demande des parties elles-mêmes, dans un souci de médiation et de résolution de conflits de chefferie. Sur la question des représentants du Gbêkê, il a précisé que leur désignation avait été précédée de consultations avec les chefs des différents départements, non sans appeler les autorités traditionnelles à privilégier le dialogue, la fraternité et la paix pour préserver l’unité de la région.
C’est précisément cet esprit de cohésion qui a guidé la réaction du ministre Jacques Assahoré Konan. Député élu de la circonscription de Diabo-Languibonou, membre du gouvernement, président du Conseil régional du Gbêkê et fils de la région : cette quadruple casquette lui confère une légitimité particulière pour s’exprimer sur une crise mêlant institutions traditionnelles et cohésion sociale.
Dans un communiqué largement relayé, le natif de Boukebo a choisi la fermeté. Il s’est clairement désolidarisé de la démarche contestataire, estimant qu’elle ne correspond « ni à nos valeurs, ni à nos traditions, ni à la manière dont les différends ont toujours été réglés au sein de nos communautés ». Un recadrage net, mais sans mise en cause des personnes — ce qui dit traduit son attachement à la cohésion.
Le ministre a également rappelé que le mandat de Nanan N’Goran Koffi II découle d’une nomination du Président de la République, Alassane Ouattara. Un détail loin d’être anodin : en le soulignant, Jacques Assahoré Konan réaffirme que contester l’autorité du président régional des chefs, c’est s’en prendre à l’ordre institutionnel lui-même.
Sur la forme, il a aussi pointé du doigt l’usage des réseaux sociaux comme tribune de règlement de comptes. « Les réseaux sociaux, bien qu’étant aujourd’hui des outils modernes de communication, ne sauraient se substituer aux mécanismes de dialogue, de médiation et de règlement des différends consacrés par nos us et coutumes », a-t-il déclaré. Un rappel salutaire dans un contexte où la viralité l’emporte parfois sur la sagesse.
Au fond, c’est un leadership conciliateur qui se dessine. Jacques Assahoré Konan ne cherche pas à désigner des coupables, mais à ramener chacun à sa responsabilité. Dans une région où les querelles de chefferie peuvent vite dégénérer, son intervention a agi comme un garde-fou, rappelant que l’unité du Gbêkê vaut plus que n’importe quel différend.
Martial Galé






