
Marché carbone : La filière anacarde ivoirienne ouvre une nouvelle ère de croissance durable
Lemandatexpress – Un atelier consacré à la valorisation du potentiel carbone de la filière anacarde a été ouvert, mercredi 24 juin à Abidjan-Plateau. Acteurs du secteur, partenaires techniques et financiers et représentants publics ont exploré les opportunités offertes par les mécanismes de financement carbone pour renforcer la compétitivité et la durabilité du cajou ivoirien
Organisée par le Conseil Coton-Anacarde-Karité, la rencontre a présenté les résultats d’une étude sur le potentiel carbone de la filière et ouvert des perspectives de projets à forte valeur environnementale. Dans son intervention, le Directeur Général du Conseil, Mamadou Berté, a rappelé les progrès réalisés depuis la réforme de 2013 avec l’appui de l’État et de la Banque mondiale. En 2025, la Côte d’Ivoire a produit plus de 1,5 million de tonnes de noix brutes de cajou, dont 659 000 tonnes transformées localement, soit un taux de 43 %, avec une capacité nationale dépassant 830 000 tonnes par an. Il a toutefois souligné que la préservation du potentiel productif, la protection des ressources naturelles et l’amélioration des revenus des producteurs restent des défis majeurs nécessitant des solutions innovantes. Face aux enjeux climatiques, l’agroforesterie et la valorisation du carbone apparaissent comme des leviers stratégiques.

Le Conseil a identifié plusieurs axes prioritaires, dont la séquestration carbone des vergers, les énergies renouvelables, la gestion des déchets, l’adaptation climatique et la restauration des sols. Le Centre de Valorisation des Coques de Cajou de Yamoussoukro, soutenu par la Banque mondiale, illustre cette dynamique d’économie circulaire. Pour la Banque mondiale, représentée par Mélanie Ahoba, la filière dispose d’un potentiel environnemental encore sous-exploité. Les plantations d’anacardiers, les sous-produits de transformation et les pratiques durables offrent des opportunités de réduction des émissions et de financement carbone, notamment via le Compact with Africa Green Fund.
Parmi les solutions étudiées, le biochar issu des coques de cajou apparaît comme une innovation prometteuse, permettant de séquestrer durablement le carbone tout en améliorant la fertilité des sols et en créant de la valeur économique. L’atelier vise enfin à renforcer la compréhension du marché carbone et à poser les bases d’une stratégie nationale de valorisation du secteur. L’objectif est de développer des projets crédibles et bancables, en s’appuyant sur les expertises du Bureau des Marchés du Carbone, du FIRCA et de l’ONG Nitidae. Au terme des échanges, les participants ont souligné que les défis climatiques peuvent devenir des opportunités de développement. L’ambition est de faire de la Côte d’Ivoire une référence en matière d’agriculture durable, d’économie circulaire et de finance carbone, tout en améliorant les revenus des producteurs.
Mathias Kouamé






