
PDCI-RDA : Les 18 visages qui font tourner l’appareil de Tidjane Thiam
Lemandatexpress – Installé hors de Côte d’Ivoire depuis mars 2025, Tidjane Thiam continue de piloter le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) grâce à une organisation articulée autour d’un comité stratégique, d’un cabinet rapproché et d’un secrétariat exécutif. Selon une enquête publiée par Jeune Afrique, cette architecture, qui suscite des interrogations en interne, prépare déjà les échéances électorales de 2028.
Bien qu’éloigné du territoire ivoirien, Tidjane Thiam demeure aux commandes du PDCI-RDA. Depuis son départ en mars 2025, d’abord vers l’Europe puis vers les États-Unis, le président du principal parti d’opposition s’appuie sur un cercle de collaborateurs chargés d’assurer la continuité de la direction politique et administrative de la formation.
D’après Jeune Afrique, cette organisation repose sur trois principaux piliers : un comité stratégique et politique conduit par son frère Aziz Thiam, un cabinet présidentiel dirigé par Alain Cocauthrey, et un secrétariat exécutif placé sous la responsabilité de Calice Yapo Yapo.
Un comité stratégique au cœur des décisions
Le premier cercle du président rassemble plusieurs personnalités influentes qui participent aux décisions les plus sensibles.
Aziz Thiam, frère aîné de Tidjane Thiam et vice-président du parti, est considéré comme son principal conseiller politique. Son influence dépasse largement son titre officiel et il demeure l’un des interlocuteurs privilégiés du président.
À ses côtés, Émile Constant Bombet, coordonnateur des vice-présidents et ancien ministre de l’Intérieur, fait figure de référence auprès des anciens cadres du parti et joue un rôle clé dans les équilibres internes.
Jean-Marie Kakou-Gervais, ancien ministre et ancien ambassadeur, reste l’un des garants de la continuité entre les présidences d’Henri Konan Bédié et de Tidjane Thiam. Il a notamment supervisé le congrès ayant porté ce dernier à la tête du PDCI et coordonné les obsèques de l’ancien chef de l’État.
Coordonnateur général du parti, Noël Akossi Bendjo continue également d’exercer une influence importante depuis son exil. Il a notamment favorisé l’intégration de plusieurs de ses proches au sein du secrétariat exécutif.
Enfin, Georges-Philippe Ezaley, vice-président et conseiller spécial, représente régulièrement Tidjane Thiam lors des grandes cérémonies et conduit plusieurs négociations stratégiques. Sa proximité avec le président remonte aux années 1990.

Un cabinet chargé de l’entourage présidentiel
Autour de Tidjane Thiam gravite également un cabinet restreint chargé de la coordination de ses activités et de sa communication.
Alain Cocauthrey, directeur de cabinet, assure la liaison entre le président et les différentes structures du parti malgré son éloignement du pays. Il est épaulé depuis octobre 2025 par Joseph Youssoufou Bamba, nommé directeur de cabinet adjoint.
Roger M’Bia, directeur général du PDCI, supervise le fonctionnement administratif, les finances et la logistique du parti tout en bénéficiant d’un accès direct au président.
La sœur de Tidjane Thiam, Yamousso Thiam, joue pour sa part un rôle discret mais important dans les relations internes, l’encadrement de jeunes responsables et certaines missions de représentation.
La coordination quotidienne du cabinet est assurée par Mylène Aithnard-Oulé, cheffe de cabinet et ancienne collaboratrice de Tidjane Thiam au BNETD, en étroite collaboration avec Reine Denise Komenan, chargée du protocole présidentiel.
Sur le plan de la communication, Gustave N’Guessan conseille directement le président sur ses interventions publiques, tandis qu’Alexis N’Guessan intervient sur les questions liées au numérique.

Le secrétariat exécutif fait fonctionner l’appareil du parti
La gestion quotidienne du PDCI repose principalement sur le secrétariat exécutif dirigé par Calice Yapo Yapo. Depuis sa nomination, celui-ci a multiplié les réunions, renforcé le suivi des dossiers et relancé les structures locales du parti. Son action est présentée comme l’un des moteurs de la réorganisation du PDCI.
À ses côtés, Jean-Marc Anga, secrétaire exécutif chargé de la stratégie et de la prospective, prépare les futures échéances électorales.
Djèdri N’Goran, secrétaire exécutif en chef adjoint, participe également à la coordination quotidienne grâce à son ancrage politique dans la région de Yamoussoukro.
Porte-parole du parti, Brédoumy Soumaïla assure la défense des positions officielles du PDCI dans les médias et dans le débat politique.
À l’Assemblée nationale, Jean-Chrysostome Blessy dirige le groupe parlementaire du PDCI, même si sa désignation continue de susciter des réserves chez plusieurs députés-maires du parti.
Traoré Adam Kolia, secrétaire exécutif en chef adjoint chargé de l’organisation, veille quant à lui au lien entre la direction nationale et les structures locales, notamment dans le fief historique du PDCI à Daoukro.

Des collaborateurs influents dans l’ombre
L’entourage de Tidjane Thiam comprend également plusieurs personnalités moins exposées mais régulièrement sollicitées.
Jean-Benoît Papa Nouveau, secrétaire exécutif chargé des confessions religieuses et proche d’Aziz Thiam, demeure un acteur influent auprès des réseaux historiques du parti.
William Ado intervient principalement auprès des milieux économiques et de la société civile afin de favoriser les échanges avec le monde des affaires et d’évaluer certaines initiatives.
Enfin, Blaise N’Dédé, ancien député de Grand-Lahou, participe ponctuellement à des missions de représentation et à diverses initiatives institutionnelles.

Une organisation tournée vers 2028
Selon Jeune Afrique, cette organisation permet au PDCI de poursuivre ses activités malgré l’absence physique de son président. Les préparatifs des célébrations du 80ᵉ anniversaire du parti, organisées à Bouaké, ainsi que la mise en place d’une future machine électorale pour les municipales et régionales de 2028, constituent les principaux chantiers de cette équipe dirigeante.
Toutefois, cette gouvernance à distance continue d’alimenter des débats au sein du parti, notamment après la nomination de 322 nouveaux membres du bureau politique, une décision contestée par plusieurs cadres. La capacité de cette architecture à préserver durablement l’unité du PDCI demeure ainsi l’un des principaux enjeux des prochaines années.
Source : Jeune Afrique
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