
Nouvel organe électoral : les 3 solutions qui s’offrent au PPA-CI
Ils sont devenus les dindons de leur propre farce. Ces dernières années, certaines formations politiques de l’opposition ont boycotté plusieurs élections, notamment les législatives.
Pourtant, leur champion, le président Laurent Gbagbo, avait lui-même reconnu, dès son retour au pays après son séjour carcéral, que le fait d’être absent des élections avait fortement fragilisé son parti. Lors des précédentes législatives, la consigne de ne pas prendre part au scrutin a été scrupuleusement respectée. Les plus téméraires qui ont participé au vote ont écopé de lourdes sanctions.
Stéphane Kipré en est un exemple, puisqu’à ce jour, il n’a toujours pas réintégré son poste au sein du parti. Ironie du sort, c’est cet homme, mis au ban par son parti, qui pourrait très prochainement porter sa voix au Parlement.
En effet, alors que les partis politiques font du lobbying pour obtenir du gouvernement un dialogue direct avec le chef de l’État, ils sont renvoyés au seul cadre dans lequel les discussions sur le nouvel organe chargé de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire devront se tenir. « Tous les débats auront lieu à l’Assemblée nationale, devant la représentation nationale », a précisé le porte-parole du gouvernement.
Pour le PPA-CI, la situation s’annonce compliquée puisqu’il ne dispose d’aucun député sous son étiquette à l’Assemblée nationale. Qui portera alors sa voix ?
Trois solutions s’offrent au parti dirigé par Laurent Gbagbo.
La première consiste à rechercher une coalition au sein de laquelle il pourrait faire entendre sa voix. Cette coalition est en gestation sous l’impulsion de Simone Éhivet qui, depuis quelques jours, rencontre les partis de l’opposition afin de parler d’une seule voix et de réclamer la mise en place d’un Haut Conseil électoral (HCE). Au sein de cette coalition figure un parti disposant d’un groupe parlementaire : le PDCI-RDA. Encore faut-il que les objectifs du PDCI-RDA coïncident avec ceux du PPA-CI, notamment sur les questions électorales. À défaut, le parti de Laurent Gbagbo devra s’en remettre au PDCI-RDA pour porter ses propositions à l’Assemblée nationale.
La deuxième possibilité serait de faire du groupe parlementaire AGIR de Stéphane Kipré le cheval de Troie du PPA-CI au sein de la représentation nationale. Ce groupe rassemble des députés indépendants. Les débats à venir permettront de savoir si ces élus sont réellement indépendants ou s’ils constituent, de fait, un relais du PPA-CI au Parlement.
Enfin, la troisième solution, sans doute la plus probable, serait le boycott par le PPA-CI de toutes les discussions relatives à la mise en place du nouvel organe électoral. Une telle décision entraînerait l’absence du parti au sein des instances de cette nouvelle structure. Cette posture n’est pas nouvelle, la politique de la chaise vide ayant souvent fait partie de la stratégie du PPA-CI.
Par ailleurs, on peut s’interroger sur le poids réel du PDCI-RDA, en particulier, et de l’opposition, en général, lorsque s’ouvriront les débats parlementaires. Minoritaires à l’Assemblée nationale, ces partis auront peu de chances de faire adopter leur modèle d’organe de gestion des élections. La logique de la majorité parlementaire devrait prévaloir.
À ce jeu, c’est encore l’opposition qui risque d’en faire les frais. En réalité, ces partis pourraient regretter leur faible représentation issue des dernières élections législatives. Eux qui se présentent régulièrement comme les défenseurs de la démocratie pourront difficilement contester que le débat sur la mise en place du nouvel organe électoral se tienne devant la représentation nationale, expression de la souveraineté populaire à travers les députés élus par le peuple.
Source : Le Mandat







