Rendez-vous du gouvernement/ Souleymane Diarrassouba défend la solidité de l’économie ivoirienne
« La Côte d’Ivoire est le seul pays de l’Afrique subsaharienne à présenter un faible risque de surendettement. » Cette déclaration du ministre du plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, a marqué son intervention lors des échanges consacrés au Plan national de développement (PND) 2026-2030 dans le cadre de la première session du rendez-vous du gouvernement organisé par le CICG.
Face aux interrogations sur la dette publique et le financement des ambitions de développement du pays, le membre du gouvernement s’est voulu rassurant, s’appuyant sur les évaluations du Fonds monétaire international (FMI) pour défendre la trajectoire économique ivoirienne.
Selon le ministre, les performances enregistrées par la Côte d’Ivoire sont le fruit d’une gouvernance économique rigoureuse et d’une gestion prudente des finances publiques. « Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Fonds monétaire international », a-t-il insisté, rappelant que le pays respecte les engagements pris dans le cadre de son programme économique et financier conclu avec l’institution de Bretton Woods.
Pour Souleymane Diarrassouba, cette crédibilité se traduit également par la confiance renouvelée des investisseurs internationaux. Il a notamment évoqué le succès du Groupe consultatif organisé les 8 et 9 juillet derniers, au cours duquel les besoins de financement du PND, estimés à 20 milliards de dollars, auraient suscité des intentions d’investissement évaluées à près de 80 milliards de dollars. Une mobilisation qu’il considère comme la preuve que la Côte d’Ivoire demeure une destination privilégiée des investisseurs.
Le ministre a également tenu à dissiper les inquiétudes liées au financement du nouveau PND, dont près de 70 % des investissements devront être assurés par le secteur privé. Il a expliqué que cette orientation est conforme aux standards des économies modernes où l’essentiel des investissements productifs est porté par les entreprises privées, à travers notamment les partenariats public-privé.
« Les engagements du secteur privé ne constituent pas une dette de l’État », a-t-il précisé, soulignant que ces investissements seront supportés par les opérateurs économiques eux-mêmes et non par les finances publiques.
Au-delà de la question de la dette, Souleymane Diarrassouba a présenté les principaux leviers de la stratégie gouvernementale pour atteindre les objectifs du PND 2026-2030. Celle-ci repose sur une augmentation progressive des ressources domestiques, avec l’ambition de porter le taux de pression fiscale à 18 % d’ici 2030, tout en poursuivant les réformes destinées à améliorer la mobilisation des recettes et la gestion de la dette.
Le ministre a également insisté sur l’importance des statistiques dans la conduite des politiques publiques. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un appareil statistique renforcé, animé par une Agence nationale de la statistique et appuyé par les compétences de l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA), reconnue comme l’une des meilleures écoles de formation de statisticiens en Afrique.
Par ailleurs, le gouvernement entend placer le capital humain au cœur de sa stratégie de développement. Le PND prévoit ainsi d’importants investissements dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la protection sociale et de l’emploi, avec pour objectif d’améliorer durablement les conditions de vie des populations et de porter l’indice du capital humain à 0,70 à l’horizon 2030.
Pour assurer un suivi rigoureux de cette feuille de route, un Tableau de bord national regroupant 35 indicateurs économiques, sociaux, environnementaux et institutionnels sera mis en place et accessible aux citoyens grâce à une plateforme numérique.
En définitive, Souleymane Diarrassouba estime que la confiance affichée par les partenaires techniques et financiers, conjuguée à la mobilisation attendue du secteur privé et à la poursuite des réformes structurelles, conforte la Côte d’Ivoire dans son ambition d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire supérieur à l’horizon 2030.
Sidoine Koffi







