Côte d’Ivoire : Affi prend une claque, le PDCI et le PPA-CI règlent leurs comptes, la DGI met la pression… (La Matinale expresse)
Les réactions aux dernières critiques de Pascal Affi N’Guessan contre le gouvernement continuent de pleuvoir, et certaines ne tirent pas à blanc. Entre le PDCI-RDA et le PPA-CI, c’est désormais le règlement de comptes après la parenthèse du Front commun. Pendant ce temps, la Direction générale des Impôts (DGI) accentue la pression sur les contribuables. Du côté des producteurs de café et de cacao, tous les regards sont tournés vers le président Alassane Ouattara, à quelques heures de l’annonce des prix de la nouvelle campagne.
Du berger à la bergère. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la riposte aux dernières critiques de Pascal Affi N’Guessan contre le gouvernement, notamment sur la question de l’orpaillage. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) s’était montré particulièrement incisif, allant jusqu’à qualifier la Côte d’Ivoire de « pays de trafiquants ». Après une première réponse apportée par le journal L’Avenir, Dr Kalilou Coulibaly est monté au créneau à son tour.
Prenant la défense de l’État ivoirien, il a livré une réponse vigoureuse, véritable claque à l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo. Selon des propos relayés par Tribune Ivoire, il estime qu’« il est dangereux lorsque la passion partisane l’emporte sur la mesure ». Une manière de rappeler cet adage : « Qui crache en l’air reçoit sa salive au visage. »
Sur le fond, toutefois, le débat reste entier. Les questions liées à l’orpaillage et aux autres scandales évoqués par Pascal Affi N’Guessan demeurent prégnantes et appellent une réponse gouvernementale à la hauteur des enjeux économiques, environnementaux et sociaux.
PDCI-PPA-CI : les comptes se règlent en public
D’une passe d’armes à une autre. Cette fois, c’est le désamour entre deux anciens alliés qui s’invite sur la place publique. Après avoir cheminé ensemble au sein du Front commun, le PDCI-RDA et le PPA-CI se regardent désormais en chiens de faïence. Comme le relève Le Nouveau Réveil, l’escalade verbale se poursuit, au point de faire émerger une question : « Qui a trompé qui ? »
Depuis quelque temps, Yohou Dia Houphouët est particulièrement remonté. L’un des coordonnateurs de cette défunte plateforme de l’opposition, créée pour réclamer de meilleures conditions électorales et s’opposer à la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025, avait déjà dénoncé ce qu’il considérait comme un non-respect des engagements de la part du PPA-CI.
La semaine dernière, lors d’une rencontre à Yopougon, il est allé plus loin en évoquant un supposé deal financier de 700 à 800 millions de F CFA impliquant Michel Gbagbo et le maire de Yopougon, Adama Bictogo, dans le cadre des élections législatives du 27 décembre dernier. « Je ne me laisserai pas marcher dessus », a lancé l’ancien député de Yopougon.
En réaction, le Pr Sébastien Dano Djédjé, responsable du PPA-CI, appelle son ancien allié à faire preuve d’humilité. De son côté, Le Nouveau Réveil, s’appuyant sur les révélations de Dia Houphouët, présente Blaise Lasm, Damana Pickass et Dahi Nestor comme « les moutons d’une alliance de dupes » entre les deux formations politiques.
La DGI accentue la pression sur les contribuables
Comme sur le terrain politique, le front économique est également en ébullition. La Direction générale des Impôts (DGI) maintient la pression sur les contribuables.
Premier point de vigilance : le dépôt des états financiers. Selon L’Essor, « la DGI met en garde les retardataires ». Autre sujet de tension : l’utilisation obligatoire de la facture normalisée électronique. L’Avenir évoque, à ce propos, « un bras de fer entre les commerçants et le fisc, la veille du contrôle ».
Café-cacao : les producteurs dans l’attente
Pour la filière café-cacao, pas de bras de fer, mais une attente mêlée de doute et d’espoir. Tous les regards sont tournés vers l’annonce du prix bord champ pour la campagne 2026-2027.
Ce mardi 1er septembre, le gouvernement doit en effet officialiser les prix du kilogramme de café et de cacao. Le suspense reste entier. L’Avenir croit savoir que le prix bord champ du cacao pourrait être fixé à 1 000 F CFA le kilogramme, soit le maintien du tarif en vigueur depuis mars dernier.
Rien n’est toutefois définitivement acquis avant l’annonce officielle. Les producteurs, souligne L’Essor, « mettent leur espoir en Ouattara ».
Sixième pont d’Abidjan : entre enthousiasme et scepticisme
À côté de la commercialisation de ces deux produits de rente, la mobilité à Abidjan figure également au cœur de l’agenda gouvernemental. Et sur ce front, les nouvelles sont plutôt rassurantes. « Le 6e pont arrive », annonce Le Mandat, précisant que l’ouvrage doit notamment faciliter les liaisons Abatta-Koumassi et Koumassi-Port-Bouët.
L’enthousiasme du quotidien n’est toutefois pas partagé par Jean-Claude Djéréké. Le professeur de littérature à Temple University, aux États-Unis, doute de la pertinence du projet. Selon lui, le sixième pont d’Abidjan serait « un faux pont » et pourrait apparaître comme « la persistance d’une politique de fausses solutions ».
Une critique qui renvoie, plus largement, au débat récurrent sur les infrastructures routières dans la capitale économique. Car, s’il existe des interrogations sur certains projets, Abidjan demeure confrontée à un besoin criant de nouvelles voiries et de solutions durables contre les embouteillages.
Entrepreneuriat et digitalisation au menu
L’actualité, c’est aussi le Prix Alassane Ouattara des jeunes entrepreneurs 2026. Lancé lundi, ce challenge est annoncé avec une cagnotte de 300 milliards de F CFA.
Autre chantier mis en avant par Le Mandat : la digitalisation de 256 services publics dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté affichée des autorités d’accélérer la modernisation de l’administration publique.
Sur ce terrain, difficile de bouder son plaisir : une administration plus accessible, plus rapide et davantage digitalisée ne peut être qu’une bonne nouvelle pour les usagers.
À jeudi.
Martial Galé






