
”La volonté de l’opposition de rester dans une posture de non-reconnaissance ne suffira pas à faire sortir nos frères détenus” Stéphane Kipré.
L’élu de la nation et cadre du PPA-CI, Stéphane Kipré, a partagé ce lundi un message empreint d’une profonde mélancolie. Entre célébration de la culture ivoirienne et amertume face à la réalité carcérale, le député appelle à un sursaut national pour briser le mur du silence.
Le week-end écoulé a été marqué par le rayonnement de la culture ivoirienne, avec les concerts mémorables du groupe VDA à Abidjan et de Didi B à Paris. Si ces événements ont fait vibrer des milliers de fans, ils ont laissé un goût de cendre à Stéphane Kipré. Pour le député, ces moments de joie ont cruellement souligné l’absence de ses proches et compagnons de lutte.
« S’il avait été libre, ce rendez-vous aurait certainement été notre moment de détente du week-end », confie-t-il en pensant à son « ami et frère » Blaise Lasm.L’élu évoque également avec émotion le jeune Zigui, figure du rap ivoire, dont l’absence au concert de Didi B à Paris résonne comme un silence assourdissant. Ce contraste entre l’éclat des projecteurs et l’ombre des cellules de prison est, pour lui, le symbole d’une nation qui danse tout en boitant.
Au-delà de l’émotion personnelle, Stéphane Kipré livre une analyse politique lucide et critique de la situation actuelle. Il pointe du doigt l’immobilisme des deux camps : Le Pouvoir :Sa volonté d’afficher un pays en plein développement restera, selon lui, « entachée tant que les prisons seront pleines ».L’Opposition :La posture de non-reconnaissance, bien que fidèle à ses principes, ne suffit plus à obtenir des résultats concrets pour les détenus.
Pour le député, le constat est sans appel : le maintien en détention de près de 1 600 personnes liées aux événements électoraux de 2025 est un frein à l’épanouissement de la Côte d’Ivoire.Face à ce qu’il qualifie de « fatigue morale », l’élu de la nation pose la question qui hante le débat public : Que devons-nous faire pour que Blaise, Zigui, Dahi, Pickass et tous les autres retrouvent la liberté ?
Refusant de se cantonner à de simples messages de solidarité, il appelle à une action concrète : S’asseoir et se parler :Briser le silence et le refus du dialogue. Trouver des solutions transversales : Dépasser les clivages partisans pour l’intérêt supérieur de la nation.
Prioriser la liberté :Reconnaître que la libération des détenus n’est pas une défaite pour l’un ou l’autre camp, mais une victoire pour la réconciliation nationale.Bien qu’occupant de hautes fonctions, Stéphane Kipré a tenu à signer son message en tant que « militant de base du PPA-CI » et « enfant de la Côte d’Ivoire ». Une manière de rappeler que derrière l’homme politique se cache un citoyen meurtri par les divisions de son pays.
Malgré cette baisse de moral affichée en ce début de semaine, le message se veut résilient : « Mais nous tiendrons ». Un engagement qui sonne comme une promesse de continuer le combat, non pas par la confrontation, mais par l’appel incessant à une fraternité retrouvée.
Hilaire GUEBY







