
Gagnoa- Filière café-cacao : producteurs et coopératives brisent le silence sur 7 305 tonnes de stocks résiuels non enlevés
Face aux rumeurs de détournement des recettes du cacao, le Collectif des sociétés coopératives et acheteurs de Côte d’Ivoire est monté au créneau, mardi 8 juillet à Gagnoa. Il affirme que les 7 305 tonnes de cacao encore entreposées dans plusieurs localités existent bel et bien et appelle les autorités à agir avant le lancement de la prochaine campagne.
Réunis sur la place Bonwéli de Gagnoa, les responsables du Collectif des sociétés coopératives et acheteurs de Côte d’Ivoire ont voulu rassurer les producteurs confrontés aux difficultés de commercialisation de la campagne 2025-2026.
Selon leur porte-parole, Takry Goupi Stéphane, des informations erronées circulent dans les zones de production et alimentent un climat de tension en laissant croire que les responsables de coopératives auraient détourné les fonds issus de la vente du cacao.
« L’argent de votre cacao n’est pas retenu par les responsables de coopératives et les acheteurs. Les stocks résiduels existent bel et peuvent être vérifiés. Nous avons transmis aux préfets des départements concernés les rapports d’inventaire de ces stocks ainsi que des propositions de sortie de crise. Notre démarche est administrative et vise une résolution rapide de cette situation », a-t-il déclaré.

Plus de sept mois d’attente
Le collectif indique que 7 305 tonnes de cacao sont toujours stockées depuis plus de sept mois dans des magasins situés à Oumé, Sinfra, Gagnoa, Soubré et San Pedro.
Ces fèves, qui auraient dû être enlevées depuis plusieurs mois, restent immobilisées, avec un risque de détérioration progressive. Une situation qui alimente la méfiance entre producteurs, acheteurs et dirigeants de coopératives.
Les responsables des coopératives affirment être régulièrement accusés d’avoir perçu l’argent des ventes, tandis que les banques continuent d’exiger le remboursement des crédits contractés pour financer les achats de cacao.

Un appel à l’État avant la prochaine campagne
Président du conseil d’administration d’une coopérative à Soubré, Kassoum Seny estime qu’une intervention rapide des autorités est indispensable afin de préserver la paix sociale dans les zones de production.
Takry Goupi Stéphane prévient, pour sa part, que la colère des producteurs ne cesse de grandir. Il appelle les préfets engagés dans la médiation à accélérer le traitement du dossier, alors que la prochaine campagne cacaoyère doit s’ouvrir dans environ deux mois.
Le collectif lance également un appel au président de la République, Alassane Ouattara, afin qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais pour soulager les producteurs et permettre aux coopératives de poursuivre leurs activités dans un climat apaisé.
Les chefs traditionnels apportent leur soutien
La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs chefs traditionnels, dont Diby Yao, chef du village de Yaofla, dans le département d’Oumé, également membre du Conseil des chefs traditionnels producteurs de café-cacao et de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire.
Ces autorités coutumières ont salué la démarche du collectif et réaffirmé leur soutien à toute initiative susceptible de favoriser un règlement pacifique de cette crise qui touche l’ensemble de la filière café-cacao.
Martial Galé







