
« Les milliards ne font pas une Nation » : Yaya Fofana appelle à transformer les investissements en prospérité durable
Lemandatexpress – Le président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), Yaya Fofana, livre une réflexion de fond sur les défis du développement de la Côte d’Ivoire. Dans une tribune intitulée « Les milliards ne font pas une Nation », il soutient que les annonces de financements, aussi importantes soient-elles, ne peuvent constituer à elles seules une preuve de progrès. Selon lui, seule la capacité à transformer ces ressources en réalisations concrètes permettra d’inscrire durablement le pays sur la voie du développement.
Pour Yaya Fofana, la confiance des partenaires internationaux constitue une opportunité qu’il convient de saluer, mais elle ne représente qu’une étape. « Les chiffres impressionnent un instant ; les résultats convainquent pour des générations », affirme-t-il, estimant que les montants annoncés ne prennent leur véritable sens que lorsqu’ils se traduisent par des écoles, des hôpitaux, des infrastructures modernes et des emplois durables.
Produire plutôt qu’emprunter
Au cœur de son analyse, le président du MFA insiste sur la nécessité de bâtir une économie davantage tournée vers la production nationale. Il considère que la puissance économique d’un pays ne repose pas sur sa capacité à mobiliser des financements extérieurs, mais sur son aptitude à créer durablement de la richesse grâce à son appareil productif.
S’appuyant sur les nombreux atouts de la Côte d’Ivoire agriculture, ressources minières et énergétiques, jeunesse dynamique et position géographique stratégique, il plaide pour une transformation locale plus poussée des matières premières afin de générer davantage de valeur ajoutée, d’emplois qualifiés et de compétitivité industrielle.
Faire des entreprises ivoiriennes les premières bénéficiaires
Yaya Fofana appelle également à placer les entreprises nationales au cœur des grands projets de développement. Selon lui, les PME, les artisans, les agriculteurs, les industriels locaux et les jeunes entrepreneurs doivent bénéficier en priorité des investissements réalisés.
À ses yeux, le patriotisme économique consiste à faire en sorte que chaque investissement renforce les capacités nationales plutôt que de profiter essentiellement aux acteurs extérieurs.
Une croissance au service des populations
Le président du MFA estime qu’une croissance économique n’a de valeur que si elle améliore concrètement les conditions de vie des citoyens. Il plaide pour une réduction des inégalités territoriales, un meilleur accès aux services publics, davantage d’opportunités pour les jeunes et une répartition plus équilibrée des fruits de la croissance.
« La République ne grandit pas lorsque quelques-uns réussissent ; elle grandit lorsque chacun a sa chance », souligne-t-il, insistant sur la nécessité d’un développement inclusif.
Transparence et bonne gouvernance
La gouvernance occupe une place centrale dans son plaidoyer. Pour Yaya Fofana, toute mobilisation importante de ressources publiques doit s’accompagner d’une transparence totale.
Il préconise un suivi public des investissements, une évaluation systématique des projets et une obligation de rendre compte aux citoyens. Selon lui, la confiance des bailleurs doit aller de pair avec celle des populations.
Trois priorités pour bâtir une économie souveraine
Afin de transformer les promesses en résultats tangibles, le président du MFA propose trois axes majeurs.
Le premier consiste à instaurer un Pacte national pour le contenu local, réservant une part significative des marchés publics et des grands projets aux entreprises ivoiriennes.
Le deuxième vise à faire de la transformation locale des matières premières la pierre angulaire du modèle économique national, afin de créer davantage de valeur sur le territoire.
Enfin, il appelle à instaurer une République de la redevabilité, fondée sur des mécanismes de suivi public des grands projets, avec des indicateurs précis portant sur les montants engagés, les délais d’exécution, les emplois créés et les résultats obtenus.
« Les réalisations écrivent l’Histoire »
En conclusion, Yaya Fofana invite les décideurs à dépasser la logique des annonces financières pour inscrire leur action dans une vision de long terme.
Selon lui, les générations futures ne jugeront pas les gouvernements sur les milliards mobilisés, mais sur les transformations effectivement réalisées. Écoles construites, industries développées, emplois créés, réduction de la pauvreté et amélioration des conditions de vie constitueront les véritables critères de l’Histoire.
« Les milliards seront oubliés ; les écoles construites, les emplois créés, les industries édifiées et les vies transformées demeureront », conclut-il, estimant que la véritable richesse d’une Nation réside avant tout dans la confiance de son peuple et dans sa capacité à bâtir son propre destin.
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