RHDP : Téné Birahima Ouattara s’impose au cœur du nouveau dispositif de décision
Un nouveau centre de décision prend progressivement forme au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix. Mis en place à l’initiative d’Alassane Ouattara, ce comité de direction, qui fonctionne parallèlement aux structures traditionnelles du RHDP, est placé sous la conduite de Gilbert Kafana Koné et de Téné Birahima Ouattara, révèle Africa Intelligence.
Le premier en assure la présidence. Le second en est le numéro deux. Une position qui n’est pas anodine, d’autant que cette nouvelle instance est appelée à jouer un rôle opérationnel important et à participer aux principaux arbitrages de la formation politique.
Téné Birahima, numéro deux d’un dispositif stratégique
La composition de ce comité est particulièrement révélatrice. Plusieurs figures importantes du pouvoir n’y figurent pas, notamment le vice-président Tiémoko Meyliet Koné et le Premier ministre Robert Beugré Mambé. À l’inverse, des personnalités réputées proches de Téné Birahima Ouattara ont été intégrées à la nouvelle équipe.
Parmi elles figurent plusieurs membres du gouvernement, dont Anne-Désirée Ouloto, Mamadou Touré, Adama Kamara, Yacouba Hien Sié et Amadou Koné. Les anciens cadres du PDCI-RDA, Siandou Fofana et Amédé Kouakou, en font également partie.
À cette liste s’ajoute Adama Bictogo, député-maire de Yopougon et ancien président de l’Assemblée nationale. La présence de ces personnalités, dont certaines entretiennent de longue date des relations étroites avec Téné Birahima Ouattara, donne à la nouvelle instance une dimension politique particulière.
Une montée en puissance qui dépasse le cadre gouvernemental
De fait, le poids du cadet du président ne se limite plus à ses fonctions gouvernementales. Son positionnement au sein du nouveau comité de direction lui offre désormais une place de premier plan dans la gestion politique du RHDP.
Le dispositif pourrait notamment permettre à Alassane Ouattara de déléguer une partie des arbitrages quotidiens tout en conservant la main sur les grandes orientations. Dans cette architecture, Téné Birahima occupe une position stratégique. Non seulement, il est suffisamment proche du chef de l’État pour participer aux décisions, mais également placé au contact direct de plusieurs cadres politiques et ministres influents.
La nouvelle organisation semble donc dessiner une chaîne de décision plus resserrée autour de quelques personnalités de confiance. Et Téné Birahima Ouattara en est incontestablement l’un des principaux maillons.
Après les élections, Ouattara rebat les cartes
La démarche s’inscrit dans une méthode déjà éprouvée par Alassane Ouattara. Après les grands rendez-vous électoraux, le chef du RHDP procède régulièrement à des réaménagements de son parti afin d’adapter son organisation aux nouveaux rapports de force.
En 2021, il avait déjà engagé une profonde restructuration du RHDP avec la création d’un comité de restructuration confié notamment à Gilbert Kafana Koné, Ally Coulibaly et Ibrahim Cissé Bacongo. Cette réforme avait conduit à la mise en place de l’architecture actuelle du parti et d’un directoire dirigé par Gilbert Kafana Koné.
Cinq ans plus tard, une nouvelle étape semble s’ouvrir. Cette fois, le choix d’un comité de direction plus restreint pourrait traduire la volonté de disposer d’un outil politique plus réactif, capable de gérer les arbitrages sans mobiliser l’ensemble des structures du parti. Et dans cette nouvelle configuration, le choix de Téné Birahima comme numéro deux est loin d’être symbolique.
Cette évolution intervient parallèlement à la montée en puissance annoncée de Masséré Touré, secrétaire générale de la présidence, dans le dispositif présidentiel. Les prochaines semaines permettront donc de mesurer la portée réelle de ces changements.
M. Galé, avec AI






