Enseignement technique : seuls 417 enseignants du privé sur 5 583 formés entre 2023 et 2025
Un atelier consacré à l’élaboration d’un cadre stratégique pour la formation continue des enseignants des établissements privés de l’enseignement technique et de la formation professionnelle s’est ouvert, lundi 17 août 2026, à Yamoussoukro.
Durant quatre jours, les participants devront réfléchir à un dispositif capable de renforcer les compétences des enseignants et d’améliorer la qualité des apprentissages dispensés aux apprenants.
Une forte présence du privé dans le dispositif
À l’ouverture des travaux, les responsables du secteur ont souligné le poids important des établissements privés dans le système national d’enseignement technique et de formation professionnelle. Ces structures représentent près de 90 % du parc d’établissements, accueillent plus de 70 % des apprenants et comptent au total 5 583 enseignants.
Cette forte contribution du privé au système de formation met en évidence l’importance de la qualité des personnels qui y exercent. Pour le représentant du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Harryson Assanvo, « la qualité d’un système éducatif repose avant tout sur la qualité de ses enseignants ».
Dans un secteur où les connaissances théoriques doivent être étroitement associées à la pratique professionnelle, la formation continue apparaît comme un enjeu majeur. Elle doit permettre aux enseignants de renforcer leurs compétences et de mieux s’adapter aux évolutions des métiers et aux besoins du marché de l’emploi.
417 enseignants formés sur 5 583
Les données présentées lors de la cérémonie révèlent toutefois l’ampleur du défi à relever. Entre 2023 et 2025, seuls 417 enseignants sur les 5 583 que compte le secteur privé ont bénéficié d’une formation continue.
À cette faible proportion s’ajoute une autre donnée préoccupante : 4 515 enseignants exercent actuellement en dehors du cadre formel. Ces chiffres traduisent la nécessité de renforcer l’accompagnement et la professionnalisation des personnels enseignants, qui contribuent pourtant à la formation de la majorité des apprenants du secteur.
La rencontre de Yamoussoukro entend ainsi poser les bases d’un dispositif structuré, durable et opérationnel de formation continue. Les participants devront notamment établir un diagnostic du système actuel, identifier ses insuffisances et proposer des solutions adaptées aux réalités des établissements privés.
Un cadre stratégique attendu
Président du comité scientifique, Kouakou Sainy a appelé à conduire les travaux autour de trois exigences : la rigueur, la concertation et le pragmatisme. Selon lui, les recommandations devront s’appuyer sur des données fiables, prendre en compte les réalités du terrain et rester compatibles avec les capacités institutionnelles et financières du système.
Au terme des quatre jours de travaux, les participants devront également définir des mécanismes d’appui institutionnel et financier et élaborer une feuille de route assortie d’actions prioritaires. L’ambition est de parvenir à un dispositif permettant d’assurer, dans la durée, la formation et la professionnalisation des enseignants des établissements privés.
Soutenu par le Projet de gouvernance et de développement de l’éducation et de la compétence (PGDEC III), avec l’appui de la Banque mondiale, l’atelier vise enfin à dépasser la simple production d’un document de référence. Ses conclusions devront contribuer à l’amélioration durable de la qualité de l’offre de formation, avec pour finalité de renforcer l’employabilité des jeunes, la compétitivité du système et la croissance inclusive en Côte d’Ivoire.
Kouassi N’Goran







