
Éléphants – Nicolas Pépé, la « bombe » Faé avant la CAN 2025 : entre colère et justification
Lemandatexpress – Dans la liste des Éléphants pour la CAN 2025, l’absence de Nicolas Pépé suscite un débat d’une ampleur exceptionnelle. Si, selon le sélectionneur Émerse Faé, sa mise à l’écart ne relève pas d’un critère sportif, de nombreuses voix interrogent les véritables raisons de ce choix.
Les 26 joueurs retenus pour la CAN 2025 sont désormais connus : un groupe mêlant cadres, « revenants » comme Wilfried Zaha ou Jean-Michaël Séri, et jeunes loups. Mais sans Simon Adingra… et surtout sans Nicolas Pépé. Non convoqué, absent même de la liste des réservistes, l’attaquant de Villarreal apparaît comme la plus grande surprise d’une sélection pourtant attendue.
Dans une analyse dépassionnée de cette liste révélée ce mardi 09 décembre, Éric Babou, ancien joueur de l’Africa et consultant sur NCI, ne mâche pas ses mots : pour lui, « les absences de Pépé, d’Adingra et la présence de Diakité Oumar interpellent ».
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont encore plus tranchées. Beaucoup voient en Nicolas Pépé la victime d’une « injustice fédérale ». Pour certains, son exclusion serait liée à ses propos sur la nationalité d’Alban Lafont, gardien numéro 2 des Éléphants ; pour d’autres, c’est surtout son commentaire sur la capacité du Maroc à remporter la CAN qui aurait tout déclenché.
« À cause du Maroc »
La page Les experts du football ivoirien est catégorique : « C’est clairement à cause de ce qui a été dit sur le Maroc que Pépé a été écarté… Que la FIF assume sa lâcheté face aux Marocains. Mes frères ivoiriens, réfléchissez bien : si le problème venait vraiment des propos sur Lafont, Pépé aurait présenté ses excuses, et c’était réglé. »
Depuis la France, le journaliste Footavu condamne lui aussi « à 100 % tout ce qui a été dit contre Pépé ». Dans une vidéo consacrée à la CAN, il espère que « la Côte d’Ivoire va revoir son choix, rappeler Pépé et ne pas tomber dans un calcul politique pour se faire bien voir ».
« Force à Nicolas Pépé »
À son tour, Layvin Kurzawa, ex-international français passé par le PSG, a apporté son soutien à l’ancien Lillois, parlant d’un « immense gâchis » pour la Côte d’Ivoire : « Une simple discussion de football et tout est mélangé… Si on devait non-sélectionner chaque joueur pour ce qu’il a dit en vidéo, beaucoup n’auraient jamais joué la Coupe d’Europe ou la Coupe du Monde. Dommage pour la Côte d’Ivoire qui se prive aujourd’hui de son meilleur joueur actuel. Force à toi Nicolas. »
Le journaliste Malick Traoré, figure de NCI, adopte une analyse double. Avec « son cœur », il dit sa « profonde tristesse » pour Nicolas Pépé, « un magnifique footballeur qui subit une double peine ». « Après avoir été insulté et incendié suite à une interview, il a le sentiment de ne pas être soutenu par sa hiérarchie », estime-t-il.
« Timing catastrophique »
Avec « son cerveau », il juge le timing de l’interview « catastrophique ». Qualifier Alban Lafont de « Burkinabé », selon lui, a placé la FIF dans une position délicate. Dès lors, même si Faé souhaitait le sélectionner sur le plan sportif, l’autorité fédérale aura certainement prévalu.
Face à la presse, Émerse Faé n’a pas voulu s’étaler sur le cas Pépé, mais ses mots sont révélateurs : « Il a certes fait une intervention ces derniers jours. Mais ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas une sanction sportive. Si on devait regarder uniquement le volet sportif, il aurait évidemment été dans la liste. Pour faire une liste, il faut tenir compte de beaucoup d’éléments, sur le terrain et en dehors. »
En attendant d’en savoir plus sur ces « éléments » extra-sportifs, le débat reste brûlant. Pendant ce temps, les Éléphants rejoignent Marbella (Espagne), dès aujourd’hui, pour lancer leur préparation à la CAN 2025, prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc.
Martial Galé







