
Criminalité organisée: le nouveau combat lancé depuis Abidjan pour les victimes
Lemandatexpress – La COVICI (,confederation des organisations de victimes des crises ivoiriennes) en partenariat avec des organisations ghanéennes et le réseau international LIBERA, a plaidé ce mardi à Abidjan pour une transition de la justice réparatrice vers une justice dite « régénératrice ».
Cette rencontre a mis en lumière une ambition forte : faire évoluer la justice, la faire passer d’un simple mécanisme de réparation à une véritable dynamique de transformation sociale.
Organisée en écho à la Journée mondiale du souvenir des victimes innocentes de la criminalité organisée, célébrée chaque 21 mars, la rencontre s’est tenue autour d’un thème évocateur : « Faim de vérité et de justice ». Un choix loin d’être anodin, tant il traduit l’attente pressante de celles et ceux dont les souffrances restent souvent invisibles.
Pour Edwige Brey, chargée de projet à la COVICI, le combat est clair et sans détour : « Nous sommes ici pour faire valoir le droit des victimes à la justice et à la réparation. C’est le cœur de notre mission. »
Dans cette dynamique, le partenariat avec le réseau italien Libera, reconnu pour son engagement contre la mafia, ouvre une nouvelle perspective : celle d’une solidarité internationale au service des victimes, pour briser l’isolement et porter leur voix au-delà des frontières.
Moment fort de la journée, la conférence animée par Ibrahim Bamba, expert en justice transitionnelle, a permis d’introduire une notion encore peu connue mais porteuse d’espoir : la justice régénératrice.
Selon lui, il ne s’agit plus seulement de réparer les préjudices subis. « La justice régénératrice va plus loin. Elle s’attaque aux racines du mal pour reconstruire durablement le tissu social et favoriser une réconciliation profonde », a-t-il expliqué. Autrement dit, il ne suffit plus de panser les blessures. Il faut empêcher qu’elles ne se rouvrent.
Tout au long de la rencontre, les émotions étaient palpables. Projections de documentaires, témoignages poignants… autant de moments qui ont rappelé que derrière chaque statistique se cache une vie bouleversée.
Et un message, simple mais puissant, est revenu comme un leitmotiv :« Protéger sa population est un devoir, pas une option. » Brandi sur des pancartes, répété dans les échanges, il a résonné comme une interpellation directe aux autorités.
En clôture, les participants ont lancé un appel clair : mettre en place des mécanismes de réparation plus complets, intégrant un accompagnement psychologique, juridique et social. Car pour les victimes, se reconstruire ne se limite pas à obtenir justice. C’est tout un parcours qu’il faut soutenir.
Martial Galé







