
Sécurité : la Gendarmerie nationale en ordre de bataille à San-Pédro pour anticiper les menaces de demain
Lemandatexpress – Depuis ce 25 mars 2026, la ville portuaire de San-Pédro est le théâtre d’un important rendez-vous stratégique de la Gendarmerie nationale de Côte d’Ivoire.
Pendant trois jours, l’institution y tient son séminaire bilan 2020-2025, couplé à une réflexion prospective sur la période 2026-2030, autour d’un thème sans équivoque : « Gendarmerie nationale à l’horizon 2030 : relever les défis de l’efficacité opérationnelle face aux nouvelles menaces ».
La cérémonie d’ouverture, présidée par Jean Paul Malan, représentant du Vice-Premier ministre et ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, a donné le ton : il ne s’agit pas d’un simple exercice administratif, mais bien d’un moment de vérité pour adapter l’appareil sécuritaire ivoirien à un environnement en constante mutation.
Un bilan pour mieux rebondir
Au cœur des échanges, un retour approfondi sur les cinq dernières années. De 2020 à 2025, la Gendarmerie a été fortement sollicitée, notamment dans la sécurisation des échéances électorales, la lutte contre le grand banditisme et le maintien de l’ordre public.
Ce bilan permet non seulement de mesurer les avancées – en matière de professionnalisation, d’équipements et de maillage territorial – mais aussi d’identifier les failles à corriger.
Les discussions portent notamment sur la capacité de projection des unités, la coordination avec les autres forces de défense et de sécurité, ainsi que l’adaptation aux réalités locales, notamment dans les zones rurales et frontalières.
Des menaces nouvelles, plus diffuses
Si la criminalité classique reste une préoccupation, les participants s’accordent sur l’évolution des risques. Le terrorisme, bien que contenu aux frontières nord du pays, impose une vigilance accrue dans un contexte sous-régional marqué par l’instabilité au Sahel.
À cela s’ajoutent des phénomènes comme la criminalité transfrontalière – trafics divers, circulation d’armes – et l’orpaillage illégal, devenu un véritable défi sécuritaire, environnemental et économique. Ces activités, souvent organisées en réseaux, nécessitent des réponses plus coordonnées, intégrant renseignement, technologie et coopération internationale.
Cap sur 2030 : une gendarmerie modernisée
Au-delà du diagnostic, ce séminaire se veut résolument tourné vers l’avenir. L’objectif affiché est clair : bâtir une gendarmerie plus agile, mieux équipée et davantage ancrée dans une logique d’anticipation.
Plusieurs axes structurants sont au cœur des réflexions :
le renforcement du renseignement opérationnel ;
l’intégration des technologies (surveillance, cybersécurité, bases de données) ;
la formation continue des personnels face aux nouvelles formes de criminalité ;
et une meilleure proximité avec les populations, clé de l’efficacité sur le terrain.
Une approche stratégique assumée
Ce type de rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme et de modernisation des forces de sécurité en Côte d’Ivoire. En choisissant San-Pédro, deuxième pôle économique du pays, les autorités envoient également un signal : la sécurité doit accompagner le développement, en particulier dans les zones à forte activité économique.
À l’issue des travaux, attendus le 27 mars, une feuille de route devrait être adoptée, définissant les priorités de la Gendarmerie nationale pour les cinq prochaines années. Une étape décisive pour une institution appelée à jouer un rôle central dans la stabilité du pays, dans un contexte régional de plus en plus exigeant.
Martial GGalé, avec diverses sources







