
Depuis Gbogué, Stéphane Kipré demande pardon à Gbagbo et réaffirme sa loyauté de « soldat ».
C’est un discours aux allures de catharsis que Stéphane Kipré a livré ce week-end devant les populations de Gbogué et Zaïbo. Entre déclaration d’amour filial et acte de contrition publique, le leader politique a choisi la terre de ses parents pour lancer un appel solennel au pardon à l’endroit de son mentor, le président Laurent Gbagbo.
L’ambiance était solennelle, presque sacrée, ce week-end dans la sous-préfecture de Gbogué. Devant un parterre de chefs traditionnels, de guides religieux et une foule de « mamans » venues l’écouter, Stéphane Kipré n’a pas seulement parlé de développement ou d’élections. Il a parlé de cœur, de racines et, surtout, de réconciliation familiale et politique.
« Un fils n’a jamais raison sur son père »
Habitué aux joutes oratoires et au terrain politique qu’il affectionne tant, l’homme a cette fois troqué sa casquette de leader pour celle du fils prodigue. Évoquant celui qu’il considère comme son géniteur politique, Laurent Gbagbo, Stéphane Kipré a multiplié les superlatifs : « ma boussole », « celui qui m’a fait naître politiquement », « mon chef ».
Dans un élan d’humilité qui a marqué l’auditoire, il a refusé toute forme de justification face aux malentendus passés. « Un fils n’aura jamais raison sur un père », a-t-il martelé, avant d’implorer l’assemblée, chefs de Gbogué et de Zaïbo en tête, de l’aider à obtenir le pardon du « Woody de Mama ».
Un soldat « à la porte »
Le message est clair : Stéphane Kipré veut tourner la page des dissensions pour « reprendre le travail là où nous l’avons laissé ». En se décrivant comme un soldat couché à la porte, attendant que son mentor l’ouvre à nouveau, il réaffirme sa loyauté indéfectible malgré les tempêtes.
« Président Laurent Gbagbo, je t’aime aujourd’hui, je t’ai aimé hier et je t’aimerai toujours », a-t-il lancé sous les acclamations des populations locales.
Un signal fort pour le camp Gbagbo
Au-delà de l’émotion, cette sortie est un acte politique majeur. En choisissant la tribune officielle et le témoignage de ses parents pour faire ce « mea culpa », Stéphane Kipré cherche à sceller l’unité autour de l’ancien chef d’État. Pour les observateurs, cette démarche de proximité vise à consolider les bases du parti en montrant un front uni, où la discipline et le respect de la hiérarchie traditionnelle et politique reprennent leurs droits.
Pour rappel, malgré la décision du PPA-CI à boycotter les élections législatives de décembre 2025, Stéphane Kipré avait défié toute la direction du parti et s’était porté candidat avec plusieurs membre du parti panafricain. Il a été élu député de Gbogué-Zaïbo.
Reste désormais à savoir comment cet appel, lancé depuis les profondeurs du pays bété, sera reçu par le premier concerné. À Gbogué et Zaïbo, en tout cas, le message est passé, le fils est prêt à reprendre sa place au combat, aux côtés de son père.
Hilaire Gueby







