
Droits de l’homme : le gouvernement ivoirien se prononce sur l’élection du nouveau président du CNDH
Lemandatexpress – Face à la vive polémique suscitée par l’élection du Dr Adjélou Christian Arnaud à la tête du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le porte-parole du gouvernement a dénoncé un procès d’intention.
Succédant à Namizata Sangaré, qui vient d’achever un mandat de six ans à la présidence du CNDH, le Dr Adjélou Christian Arnaud a été élu, mardi 24 mars 2026, par une assemblée générale composée de 12 conseillers représentant les forces vives de la nation (société civile, magistrature, secteur de la santé, barreau, monde du travail et psychologie).
Cependant, très vite, son appartenance supposée au RHDP s’est invitée dans le débat, certains y voyant une incompatibilité avec ses fonctions de défenseur des droits de l’homme.
Interpellé sur la question ce mercredi, en marge du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a d’abord exprimé sa surprise face à cette controverse, affirmant que ce critère n’a pas prévalu lors de sa désignation.
« Il a pu, par le passé, militer dans un parti politique. C’est un fait. Mais dans l’exercice de ses fonctions, il doit être impartial. Et je pense que c’est cela qui compte. Si l’on commence à interroger chaque individu, il faut reconnaître que chacun peut avoir des opinions, plus ou moins affirmées ou assumées. Je ne crois donc pas que l’appartenance politique ait été évoquée au moment de son élection », a-t-il expliqué.
Pour Amadou Coulibaly, d’autres éléments ont pesé dans le choix du nouveau président du CNDH. « C’est un homme de droit. À ce titre, il est suffisamment outillé pour traiter des questions relatives aux droits de l’homme. Cette compétence me paraît essentielle », a-t-il ajouté.
Le porte-parole du gouvernement, également cadre du RHDP, a par ailleurs insisté sur la nécessité de juger le nouvel élu à l’épreuve des faits. « Laissons-le exercer. Il ne faut pas lui faire un procès d’intention. Si, dans l’exercice de ses fonctions, il manque d’impartialité ou ne défend pas les droits de l’homme comme il se doit, alors il sera temps de le juger. Mais évitons les procès d’intention », a-t-il recommandé.
Selon lui, le mode de désignation du président du CNDH, qui repose sur une élection, renforce l’idée que l’appartenance politique ne constitue pas un critère déterminant. « Parmi les membres de la commission, figurent également des représentants de la société civile. Il serait surprenant qu’ils aient tous choisi un candidat uniquement pour son appartenance politique. D’autres qualités ont certainement prévalu », a-t-il souligné.
À noter qu’aux côtés du Dr Adjélou Christian Arnaud, Bamba Drissa a été nommé vice-président, traduisant une volonté d’ancrage social afin de maintenir les préoccupations des populations et des organisations de la société civile au cœur des actions du Conseil.
Quant à Arsène Néné Bi, il occupe le poste de secrétaire exécutif. Il apportera sa rigueur académique et son expérience pour renforcer la proximité avec les citoyens et accompagner la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale des droits de l’homme.
Martial Galé







