
Biodiversité nationale: Abou Bamba annonce la création de cinq nouvelles aires marines protégées
À l’occasion de la cinquième réunion de cabinet élargie du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, tenue le lundi 4 mai 2026 au siège de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves aux II Plateaux-Vallons, le ministre Abou Bamba a réaffirmé les grandes orientations du gouvernement en matière de préservation de la biodiversité, avec un accent particulier sur les écosystèmes marins.
Dans son intervention, le ministre a salué les avancées enregistrées par l’OIPR depuis sa création en 2002. Malgré les crises traversées par le pays, les efforts conjoints de l’État et de ses partenaires ont permis de restaurer et de renforcer le réseau des aires protégées, aujourd’hui porté à 19 sites couvrant une diversité d’écosystèmes terrestres et aquatiques. Mais l’annonce majeure de cette rencontre concerne l’extension du réseau des aires marines protégées (AMP). Le ministre a en effet dévoilé la création prochaine de cinq nouvelles AMP stratégiquement localisées le long du littoral ivoirien.

Il s’agit de, l’Aire Marine Protégée de Grand-Béréby, située dans le sud-ouest du pays, dans la région de Grand-Béréby, déjà créée en décembre 2020 et servant de référence nationale ; l’aire marine protégée transfrontalière Côte d’Ivoire–Libéria, dans la zone ouest du littoral ; l’aire marine protégée de la forêt classée de Dassioko, située dans le sud-ouest, à proximité du littoral atlantique ; l’aire marine protégée du Parc national d’Azagny, dans le sud du pays, entre lagune et océan ; l’aire marine protégée transfrontalière Côte d’Ivoire–Ghana, à l’est du littoral ivoirien.
À travers cette initiative, le gouvernement ambitionne de consolider la protection des ressources marines et côtières tout en développant le potentiel de l’économie bleue. Ces nouvelles aires viendront renforcer la résilience des écosystèmes face aux pressions humaines et aux effets du changement climatique. La cérémonie a également été marquée par un appui logistique significatif aux activités de conservation. En effet, 17 motos ont été officiellement remises au Directeur général de l’OIPR, Tondossama Adama, destinées au renforcement des capacités opérationnelles du Parc national de Taï et de la Réserve naturelle volontaire du Corridor écologique Taï-Grebo-Khran-Sapo. Cet équipement vient soutenir les actions de surveillance et de protection de ces zones à haute valeur écologique, notamment dans un contexte de pressions croissantes sur les ressources naturelles.
Le Directeur général de l’OIPR a, pour sa part, salué cette vision stratégique et les efforts continus du gouvernement. Il a rappelé que l’institution, forte d’environ 600 agents, assure la gestion opérationnelle des aires protégées à travers tout le territoire national, avec des résultats notables en matière de conservation et de mobilisation de financements. Parmi ces résultats, la reconnaissance internationale de plusieurs sites ivoiriens, notamment les parcs nationaux de Taï et de Comoé ainsi que la réserve du N’Zo, qui bénéficient du label Liste Verte de l’UICN, illustre les progrès accomplis en matière de gouvernance environnementale. Le ministre a également réaffirmé son engagement à mobiliser les ressources nécessaires pour la mise en œuvre de la nouvelle phase du Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées (2025-2039). Cette stratégie vise à faire des aires protégées de véritables pôles de développement touristique, au bénéfice des communautés locales et de l’économie nationale.
En perspective, Abou Bamba a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations et de durcir les mesures contre les activités illégales dans les zones protégées. Une orientation qui traduit la volonté des autorités de faire de la conservation de la biodiversité un levier durable de développement pour la Côte d’Ivoire.
Mathias Kouamé







