
Valorisation des farines locales : Bernard Comoé Kini encourage l’utilisation du manioc, du mil et du maïs dans la boulangerie ivoirienne
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, du développement rural et des Productions vivrières, chargé des Productions vivrières, Bernard Comoé Kini, a effectué, ce mercredi 10 juin 2026, une visite dans plusieurs pâtisseries, restaurants et centres de formation spécialisés en boulangerie et pâtisserie dans la commune de Cocody et Marcory afin d’évaluer le niveau d’intégration des produits locaux dans la fabrication des produits de boulangerie.
Cette tournée a permis au membre du gouvernement de constater l’utilisation progressive de farines issues du manioc, du mil, du sorgho, du maïs ou encore du taro dans la confection du pain, des viennoiseries, des croissants et d’autres produits pâtissiers.
Miser sur les produits locaux
Au cours des échanges avec les professionnels du secteur, Hussein Tall, responsable de l’équipe nationale de boulangerie, a expliqué que plusieurs initiatives sont menées depuis quelques années pour promouvoir les farines locales dans les boulangeries ivoiriennes. « Depuis plusieurs années, nous travaillons à mettre en avant les farines locales comme la farine de manioc, de taro, de sorgho ou encore de maïs. Aujourd’hui, avec l’accompagnement du ministre, nous voulons aller encore plus loin et développer davantage de recettes à base de ces produits », a-t-il indiqué. Selon lui, ces produits rencontrent déjà un accueil favorable auprès des consommateurs ivoiriens. « Nous commercialisons déjà ces produits et cela fonctionne très bien. Le marché existe. Il faut maintenant développer davantage l’offre et encourager la production », a-t-il souligné. Le principal défi reste toutefois la disponibilité des matières premières en quantité suffisante. « Nous avons parfois du mal à nous approvisionner régulièrement en farine locale. Mais nous restons optimistes. Dans quelques mois, la situation pourrait évoluer positivement », a-t-il ajouté.

Hussein Tall a également rappelé les performances de l’équipe nationale de boulangerie sur la scène internationale. Selon lui, la Côte d’Ivoire a déjà participé à plusieurs compétitions africaines et mondiales de boulangerie avec des résultats encourageants. « Nous avons remporté une Coupe d’Afrique, terminé deuxième puis troisième lors d’autres éditions, et nous avons représenté la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde de boulangerie en France en 2022 où nous avons terminé sixième », a-t-il précisé. Pour les autorités ivoiriennes, ces artisans constituent de véritables ambassadeurs du savoir-faire national et participent activement à la promotion des produits agricoles locaux.
Une filière porteuse d’opportunités
De son côté, le ministre Bernard Comoé Kini s’est réjoui de constater que les produits réalisés à base de farines locales sont appréciés par les consommateurs. « Aujourd’hui, lorsqu’on consomme ces produits, il est parfois difficile de faire la différence avec ceux fabriqués à base de farine importée. Mieux encore, les consommateurs les apprécient », a-t-il déclaré. Le ministre a également salué le rôle des écoles de formation qui contribuent au développement des compétences dans ce secteur, notamment en faveur des jeunes et des femmes. Selon lui, cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives en matière d’entrepreneuriat et de création d’emplois. « Il existe aujourd’hui une véritable opportunité économique pour les opérateurs qui souhaitent se lancer dans la production de farines locales », a-t-il indiqué, invitant les investisseurs et les établissements financiers à accompagner cette filière en pleine expansion.
Vers une production industrielle
Interrogé sur le coût encore élevé de certains produits fabriqués à base de farines locales, Bernard Comoé Kini a expliqué que ces produits restent pour l’instant positionnés sur un segment haut de gamme, notamment parce qu’ils sont sans gluten et produits en quantités limitées. « Lorsque nous passerons à une production industrielle avec des volumes plus importants, les prix vont considérablement baisser », a assuré le ministre. Le gouvernement entend ainsi renforcer la disponibilité des matières premières locales afin de soutenir la transformation agroalimentaire et réduire progressivement la dépendance aux farines importées. Cette stratégie s’inscrit dans la politique nationale de valorisation des productions vivrières et de promotion du “consommer local”.
Mathias Kouamé avec Sercom






