
El. Mondial 2026 (dernière journée) : la Côte d’Ivoire dans la posture du Cameroun de 2005
Lemandatexpress – Les Éléphants de Côte d’Ivoire jouent ce soir leur destin face aux Harambee Stars du Kenya, au Stade Olympique d’Ébimpé. Une victoire, et le billet pour le Mondial 2026 sera dans la poche. Mais la prudence reste de mise. Car dans un coin des mémoires, plane encore le souvenir d’octobre 2005 et du drame camerounais à Yaoundé.
Le scénario est limpide : leaders du groupe F, les Ivoiriens (23 points) n’ont besoin que d’un succès pour valider leur ticket pour les États-Unis et le Canada. Tout autre résultat – nul ou défaite – pourrait toutefois les envoyer en barrages, surtout si, dans le même temps, les Panthères du Gabon (22 points) s’imposent face au Burundi.
Une équation simple sur le papier, mais pleine de pièges. Émerse Faé le sait, ses hommes aussi. À 90 minutes du rêve, les Éléphants n’ont pas le droit à l’erreur. Ce soir, c’est une finale avant l’heure. Franck Kessié et ses coéquipiers sont en mission commando : réconcilier les Ivoiriens avec la Coupe du monde, douze ans après leur dernière apparition, et ramener la lumière là où l’absence avait laissé une ombre.
Mais entre le rêve et la réalité, le football aime souvent semer la pagaille. L’exemple du Cameroun, en 2005, reste une leçon gravée dans la mémoire collective. À l’époque, les Lions Indomptables, alors en position de force après leur victoire à Abidjan (3-2), n’avaient besoin que d’un petit succès à domicile face à l’Égypte. Le destin semblait scellé.
Pourtant, le 8 octobre, à Yaoundé, le ciel leur tomba sur la tête : 1-1, un penalty manqué par Pierre Womé, et le rêve s’envola. Pendant ce temps, à Omdurman, la Côte d’Ivoire terrassait le Soudan (3-1) et renaissait de ses cendres.
C’est ça, la beauté du foot. Capable du pire comme du meilleur. Capable de briser des nations ou d’en faire vibrer d’autres à l’unisson.
Les Éléphants, eux, connaissent l’histoire. Ils savent les embûches, les miracles, les retournements. Rien ne sera joué avant le coup de sifflet final de l’arbitre guinéen, Naby Laye Touré.
À la différence du Cameroun de 2005, la Côte d’Ivoire ne serait pas totalement éliminée en cas de faux pas. Mais le peuple attend mieux qu’un calcul de barrages. Ce qu’il veut, c’est l’apothéose : une qualification nette, limpide, triomphale, dans un stade d’Ébimpé encore habité par le souvenir du sacre de la CAN 2023.
Ce soir, les Éléphants ont donc rendez-vous avec l’histoire. Et celle-là, ils n’ont pas le droit de la laisser filer.
Martial Galé







