
Affaire Elite Alliance : Les souscripteurs victimes lancent un appel aux autorités
Lemandatexpress – Le dossier Elite Alliance SA continue de susciter inquiétudes et incompréhensions. Ce samedi 9 mai 2026, à la Maison de la Presse de Abidjan, le Collectif des Souscripteurs Victimes de la Société Elite Alliance (CSVEA) est monté au créneau pour dénoncer l’absence d’avancée dans le traitement de cette affaire qui touche plus d’une centaine de souscripteurs.
Face aux journalistes, le porte-parole du collectif, Doh Bi Doua Prospère, a livré une déclaration empreinte d’émotion et d’inquiétude, tout en insistant sur le caractère légal et pacifique de leur démarche. “Nous prenons la parole aujourd’hui pour exprimer une situation grave et préoccupante qui touche de nombreux citoyens en Côte d’Ivoire”, a déclaré le collectif.
Les faits
Selon les victimes, plusieurs souscripteurs avaient investi dans les offres proposées par Elite Alliance SA “en toute bonne foi”, sur la base de contrats formels et de promesses de retour sur investissement.
Mais le 31 juillet 2023, la société annonçait la suspension de ses activités. Un plan de remboursement devait ensuite être communiqué, sans jamais être appliqué, selon le collectif.
Depuis cette date, les victimes dénoncent : l’absence totale de remboursement ; la fermeture des locaux ; ainsi que l’impossibilité de joindre les responsables de la société.
Le collectif affirme que plus de cent souscripteurs auraient investi un montant global estimé à plus de 430 millions FCFA.
Pour défendre leurs intérêts, les victimes se sont regroupées au sein du CSVEA et ont multiplié les démarches judiciaires.
Le collectif indique avoir :déposé une plainte le 23 août 2023 auprès de la Police Économique et Financière ; saisi le Pôle Pénal Économique et Financier le 28 août 2023 et constitué officiellement un collectif avec l’assistance d’un conseil juridique.
Malgré des auditions intervenues le 11 septembre 2023 puis le 21 février 2025, les victimes déplorent l’absence d’évolution substantielle du dossier.
Le collectif affirme également avoir été informé que le président-directeur général de la société, Koumako Kossi, serait actuellement en fuite.
“Nous demandons la vérité et la justice”
Dans leur déclaration, les souscripteurs ont insisté sur le fait qu’ils ne cherchent ni confrontation ni agitation.
“Aujourd’hui, nous ne venons pas accuser, mais demander : la vérité, la justice et la restitution de nos fonds”, a affirmé le porte-parole du collectif.
Les victimes appellent les autorités judiciaires et administratives à faire toute la lumière sur cette affaire et à accélérer les procédures afin d’éviter de nouveaux préjudices. Le collectif se dit également ouvert à toute coopération nationale ou internationale susceptible de permettre une clarification complète des responsabilités.
Au-delà des chiffres, le CSVEA a tenu à rappeler les conséquences humaines de cette affaire.
Parmi les victimes figureraient plusieurs retraités ayant investi une grande partie, voire la totalité, de leurs économies. Certains souscripteurs se trouveraient aujourd’hui dans une situation de précarité avancée, avec parfois des difficultés sanitaires importantes.
“Certaines victimes se trouvent aujourd’hui dans des situations particulièrement difficiles”, a souligné le collectif.
Un appel au chef de l’État
Au terme de cette conférence de presse, les victimes ont lancé un appel aux autorités ivoiriennes, notamment au président Alassane Ouattara, espérant une implication permettant de faire avancer le dossier.
À travers cette sortie médiatique, le collectif dit vouloir sensibiliser l’opinion publique, encourager la transparence et prévenir la répétition de situations similaires dans le secteur des investissements privés en Côte d’Ivoire.
Abran S.







