
INAET 2026 à Abidjan : L’Afrique plaide pour une transition énergétique adaptée à ses réalités
La troisième édition de la Conférence du Réseau international sur la transition énergétique africaine (INAET) s’est ouverte ce jeudi 11 juin 2026 à Abidjan, réunissant décideurs politiques, institutions financières internationales, industriels, universitaires et experts autour des enjeux énergétiques du continent.
Organisée par Eni, la Luiss School of Government de Rome et le Groupe de la Banque mondiale, cette rencontre de haut niveau se tient sous le haut patronage du ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. Représentant le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly, le Directeur général des Hydrocarbures, Essé Kouamé Bienvenu, a souligné que le choix d’Abidjan pour accueillir cette édition constitue une reconnaissance du rôle croissant de la Côte d’Ivoire dans le paysage énergétique africain. Dans son allocution d’ouverture, il a rappelé que l’Afrique doit relever simultanément plusieurs défis : garantir l’accès à une énergie moderne et abordable, soutenir l’industrialisation, renforcer sa résilience climatique et créer des emplois pour une population en forte croissance.
Selon lui, la transition énergétique africaine doit être juste, pragmatique et adaptée aux réalités du continent, en conciliant l’exploitation des ressources naturelles, notamment le gaz, avec le développement des énergies renouvelables. Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Comoé, a pour sa part mis en avant le lien étroit entre énergie et agriculture. Face aux enjeux de souveraineté alimentaire, il a souligné que l’énergie intervient à toutes les étapes de la chaîne de valeur agricole, de la production à la transformation, en passant par la conservation et la commercialisation. Il a également plaidé pour une meilleure valorisation des déchets agricoles à travers la biomasse, les biocarburants et le biogaz.
La conférence aborde plusieurs thématiques stratégiques, notamment l’accès à l’énergie, l’agriculture durable, les biocarburants, les solutions de cuisson propre, les marchés du carbone et le financement de la transition énergétique. Elle réunit des représentants de l’Union africaine, du Groupe de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) ainsi que de nombreuses entreprises et institutions de recherche. L’un des temps forts de cette édition sera le lancement du Réseau sur les bioénergies en Afrique, une initiative conjointe d’Eni et de l’IRENA destinée à renforcer le développement des filières bioénergétiques sur le continent. À travers cette rencontre, les participants entendent promouvoir une transition énergétique inclusive et porteuse d’investissements, capable d’accompagner durablement le développement économique et social de l’Afrique.
Mathias Kouamé






