
RHDP : Adjoumani, Donwahi, Amichia… les dessous d’une redistribution des cartes
Lemandatexpress – Réuni ce mercredi 13 mai à l’occasion de sa 33e session, le directoire du RHDP a officialisé la création de quatre nouveaux organes ainsi que les nominations y afférentes.
Si cette réorganisation s’inscrit dans la dynamique de redynamisation continue impulsée par le président du parti, Alassane Ouattara, elle va bien au-delà d’un simple ajustement structurel. Dans un contexte marqué par des turbulences internes et des signaux de fractures éventuelles, le parti présidentiel cherche visiblement à reprendre la main.
Depuis plusieurs mois, le RHDP, malgré ses larges victoires aux élections présidentielle et législatives, fait face à des mouvements d’humeur de certains cadres locaux, ainsi qu’à des frustrations liées aux positionnements politiques. La question des « transfuges », régulièrement évoquée dans les discours internes du parti, commence également à nourrir des inquiétudes au sein du camp houphouëtiste.
Dans certaines régions, ces tensions deviennent plus visibles. C’est notamment le cas dans le Tonkpi, où des rivalités de leadership et des contestations autour du contrôle politique local alimentent des agitations au sein de la base militante. Dans cette zone stratégique de l’Ouest ivoirien, plusieurs épisodes récents ont mis en lumière des fractures entre cadres et des difficultés de cohésion fragilisant localement le parti.
C’est dans ce climat que le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani a été nommé président du Comité des sages et de médiation. Le porte-parole principal du RHDP, réputé pour son sens du combat politique et sa proximité avec les cercles dirigeants, hérite ainsi d’une mission sensible : désamorcer les tensions internes, contenir les frustrations et éviter que certaines divergences ne se transforment en crises ouvertes.
Cette nomination apparaît donc comme une réponse politique à la nécessité de préserver l’unité du parti à l’approche des prochaines échéances électorales.
Dans le même esprit, Alain-Richard Donwahi prend la tête de l’Inspection générale du parti, une structure stratégique chargée du contrôle et du suivi du fonctionnement des organes internes. Une manière, pour le RHDP, de renforcer la surveillance et la discipline au sein de ses structures.
De son côté, Sarah Sako Fadiga est nommée à la présidence du Conseil de l’ordre, tandis que Albert François Amichia prend les rênes du Conseil de discipline.
Ces quatre organes stratégiques répondent ainsi aux alertes du moment. Face aux risques de dispersion, aux ambitions qui s’aiguisent et aux tensions régionales qui montent progressivement, le RHDP tente de verrouiller son appareil et de restaurer la cohésion interne avant que les prochaines batailles électorales ne redistribuent davantage les équilibres au sein du parti présidentiel.
En tout état de cause, au regard de cet ajustement structurel, le RHDP devrait procéder à une réorganisation plus profonde dans les semaines et les mois à venir. Une évolution qui s’inscrirait dans l’ordre normal des choses.
M. G







