
Côte d’Ivoire : après sa rupture avec le PPA-CI, Ahoua Don Mello prépare son propre parti souverainiste
Quelques semaines après son éviction du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Ahoua Don Mello change définitivement de cap. Selon une révélation de Jeune Afrique, l’ancien vice-président du parti de Laurent Gbagbo travaille activement à la création d’une nouvelle formation politique qui devrait voir le jour d’ici au mois d’août.
Porté par un discours souverainiste assumé et des réseaux qu’il consolide à l’international, notamment dans l’espace des BRICS, l’ancien ministre entend désormais tracer sa propre voie sur l’échiquier politique ivoirien. Radié du PPA-CI à l’issue de plusieurs mois de tensions avec la direction du parti, Ahoua Don Mello avait progressivement pris ses distances avec la ligne défendue par Laurent Gbagbo et son entourage. Ses prises de position sur la présidentielle de 2025, son rapprochement avec les cercles panafricanistes et souverainistes internationaux ainsi que ses divergences stratégiques avec la direction du PPA-CI avaient fini par rendre la cohabitation impossible.
Selon les informations de Jeune Afrique, l’ancien vice-président du PPA-CI pilote depuis la Russie, où il séjourne depuis le 4 juin, les préparatifs de sa future formation politique. Son objectif est double : mettre en place une organisation politique capable de peser dans le débat national et consolider des relais financiers et économiques à l’international.
La rédaction des statuts du futur parti a été confiée à deux de ses proches collaborateurs : son porte-parole, Me Simplice Seri Zokou, avocat belgo-ivoirien connu pour avoir participé à la défense de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale, et son directeur de cabinet, Kouamé Kouakou dit « OK ». Leur mission consiste notamment à sécuriser l’ensemble des procédures administratives nécessaires à la reconnaissance officielle du parti.
Un maillage territorial en construction
Sur le terrain, le déploiement est coordonné par Mathieu N’Guatta, chef de cabinet d’Ahoua Don Mello, et Mesmin Comoé, ancien responsable du PPA-CI chargé des relations syndicales. Leur travail consiste à identifier et mobiliser des syndicalistes, des leaders communautaires ainsi que des cadres déçus de différentes formations politiques.
Dans cette phase préparatoire, les structures locales se développent sous la forme d’associations de développement ou de clubs de réflexion, une stratégie qui permet d’implanter progressivement le futur mouvement avant sa formalisation officielle.
Plusieurs anciens cadres du PPA-CI, notamment Marie-Noëlle Lago et Sery Sarah Soko, participent à la mobilisation des femmes, tandis qu’Hérode Sery et Dedi Stéphane s’occupent de l’organisation de la jeunesse. La diaspora, considérée comme un levier majeur par celui qui a vécu une décennie en exil, fait également l’objet d’un important travail de structuration en Europe, en Afrique et aux États-Unis.
Un projet politique fondé sur le souverainisme
Au-delà de l’organisation, c’est surtout l’orientation idéologique du futur parti qui se dessine. Les deux appellations actuellement en discussion — « La Côte d’Ivoire souveraine » et « Union des souverainistes africains – Côte d’Ivoire » — traduisent clairement la volonté d’Ahoua Don Mello de faire du souverainisme le socle de son offre politique.
Cette ligne s’inscrit dans la continuité de son engagement récent au sein de l’Alliance internationale des BRICS, où il occupe les fonctions de vice-président chargé des projets stratégiques. Elle repose sur la promotion d’une plus grande autonomie économique, financière et diplomatique des États africains, ainsi que sur un renforcement de la coopération Sud-Sud.
Selon Jeune Afrique, la préférence de l’ancien ministre irait pour l’heure à l’appellation « Union des souverainistes africains – Côte d’Ivoire », un choix qui confirmerait son ambition de s’inscrire dans un courant panafricaniste dépassant le seul cadre national.
L’enjeu des futures adhésions
Reste désormais à savoir si cette nouvelle aventure politique parviendra à attirer des cadres issus d’autres formations. Les observateurs scrutent déjà les mouvements autour de l’ancien vice-président du PPA-CI.
À cet égard, la présence remarquée de Patrice Saraka, ancien secrétaire général du COJEP de Charles Blé Goudé, au mariage de Mathieu N’Guatta à Songon le 30 mai dernier a alimenté les spéculations. Interrogé par Jeune Afrique, l’intéressé assure toutefois n’avoir engagé aucune discussion sur une éventuelle adhésion et affirme demeurer, pour l’heure, membre du COJEP.
M. Galé






