
Côte d’Ivoire : l’appel d’une condamnation relancé après sept ans d’attente, la justice interpellée…
Lemandatexpress – Resté sans suite depuis 2019, l’appel formé par dame Kouamé Affoué Félicité vient d’être relancé à la faveur de l’intervention d’un avocat. Une situation qui met en lumière les lenteurs judiciaires et relance le débat sur le suivi des procédures en Côte d’Ivoire.
Tout part d’une publication sur les réseaux sociaux, le dimanche 5 avril 2026. Maître Youssouf Méïté y révèle le cas de sa cliente, condamnée le 26 mars 2019 à vingt ans d’emprisonnement par le Tribunal correctionnel d’Abidjan. Dès le lendemain, le 27 mars 2019, la détenue avait pourtant régulièrement interjeté appel de cette décision.
Mais depuis cette date, silence total. Aucune suite n’avait été donnée à son dossier au niveau de la Cour d’appel d’Abidjan, laissant la procédure en suspens pendant près de sept ans.
Alerté par cette situation, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, dirigé par le Garde des Sceaux Jean Sansan Kambilé, a réagi à travers un communiqué officiel ce mardi 7 avril 2026. Le ministre y confirme les faits et indique avoir immédiatement donné des instructions pour que la procédure suive son cours normal.

Ainsi, le dossier a été transmis au Procureur général afin de relancer l’examen de l’appel. Parallèlement, l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires a été saisie pour diligenter une enquête afin de comprendre les raisons de ce blocage inédit et situer les responsabilités.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire. Comment un recours aussi fondamental qu’un appel peut-il rester sans suite pendant plusieurs années ? Quelles garanties pour les justiciables face à de tels dysfonctionnements ?
Dans son communiqué, le ministre invite d’ailleurs les usagers de la justice, en particulier les professionnels du droit, à privilégier les voies institutionnelles en saisissant la Chancellerie ou les services compétents, notamment l’Inspection générale et la Direction des affaires civiles et pénales.
Si pour dame Kouamé Affoué Félicité, cette relance représente un espoir après de longues années d’attente, pour l’institution judiciaire, c’est un rappel selon lequel, derrière chaque dossier, il y a une vie suspendue aux décisions de justice.
M. Galé







